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Vasudevan KANAGASABAI, Poèmes

23 Juil
Lina Stern, Asemic et Ombres (2), 2018

Lina Stern, Asemic et Ombres (2), 2018

Que de boules !

Tout peut disparaître en un seul clin d’œil.

Tout pourrait s’arrêter à mi-chemin

D’ailleurs il n’y a ni chemin ni trajet

il y a seulement cette fulgurance de l’éternité.

il n’y a ni caverne ni ombre

Platon n’a fait que camoufler ses cauchemars existentiels

Il y a juste une boule

Une boule qui tourne autour d’une autre boule chaude

qui à son tour tourne.

Toutes ces boules, visibles et invisibles, tournent dans l’effroyable vide infini.

L’univers est une poussière qui n’en finit pas d’atterrir, faute de place.

Il n’y a peut-être absolument rien

L’esprit ne se remplit que de l’espace vain et vide avant de se vider et de disparaitre.

Garçon, remettez-moi un autre verre svp.

Souveraine est ma solitude !

Au creux d’une nuit pluvieuse sans étoile

Au bord d’un canal déserté,

elle m’attendait tapie dans un silence obscur.

Sans peine et sans effort, elle s’est assise sur mon épaule.

Souveraine est ma solitude.

Ô mon amante de toujours, ma compagne,

Tu vagabondes dans mes rêves et mes cauchemars.

Moi, de mon exile, je creuse le vide pour y dissimuler

mes masques et mes douleurs.

Témoin majeure de ma défaite,

Tu effaces les illusions que j’ai cueillies

Dans un jardin sans lumière.

Aucune d’innombrables routes que j’ai arpentées ne m’a conduit Vers le chemin suprême de l’oubli.

Tantôt marchant vers les désirs inassouvis,

Tantôt vers les douleurs inexprimées,

Les sentiments se croisent et s’effacent

Laissant la place à un cri sourd et infini.

Oh la nocturne débandade de mes pensées !

La spectatrice de mon âme en convulsion,

Que veux-tu de moi qui attends sur un carrefour mal éclairé

par une nuit pluvieuse sans étoiles.

Du fond de mon silence et de mes mémoires enfouies

Naîtra un jour infini,

Et je serai le volcan d’où jaillirait la fureur attendue

Comme venant du tréfonds de la terre avec le seul et l’ultime but

D’annoncer l’accomplissement d’une vengeance.

Puis, il n’y aura pour moi que le silence éternelle.

Et, toi, ma souveraine solitude,

Tu ne seras plus là.

En attendant Godot…. !

J’ai la nostalgie d’avant-naître.

J’ai le spleen à l’univers.

Mon cerveau brumeux est rempli de saudade infinie.

Chaque instant est un pont à sens unique

Que nous traversons immanquablement.

Chaque instant charrie un fardeau d’histoire

que nous ne voulons pas oublier.

Tout a une histoire.

Tout est une histoire.

Je ne connais pas l’histoire de la première bouffée d’air

Qui a irrigué mon sang.

Peut-être ai-je respiré les atomes d’oxygène qui ont explorés

Les poumons de mes ancêtres.

L’eau que j’ai bue était-elle celle bue par le premier homme qui a ressenti la soif.

Mais qui avait faim en premier ?

Mais qui avait soif en premier ?

Je veux dire qui a eu conscience d’avoir faim et soif, en premier ?

Le fleuve-histoire a précipité sans témoin

D’innombrables histoires dans le trou noir du temps.

Pourquoi nous poursuivent-elles encore ?

Les poussières d’histoires

que nous avons laissées sur le chemin

Auront-elles disparu pour ceux

qui les emprunteront plus tard ?

Déterrez le cadavre oublié de Lamartine,

Demandez-lui s’il a entendu dans l’au-delà

L’écho des cris qu’il a poussés au bord de son lac,

Pourquoi vouloir croire que les mêmes feuilles tombées

Pendant le dernier automne,

Tomberont encore et encore pour les automnes à venir.

Par folie nous avons allumé l’espoir.

Par croyance nous avons maintenu l’espérance,

Par illusion nous avons construit des cités sophistiquées

et des systèmes de finance.

Notre destin est peut-être suspendu sur l’aile d’un papillon,

Nous-a-t-on dit.

Mais, nous, nous refusions d’y croire.

Nous ne sommes armés que des mots pour mitrailler

les quatre horizons qui nous annoncent

que l’infini et l’éternité nous ont engloutis

avant même que nous ayons été conçus.

Que pouvons-nous faire d’utiles,

Sinon attendre Godot ?

Tais-toi mon âme !

Mais tais-toi.

Tu es impure, tu sens mauvaise

Tu ne sais d’où tu viens

Tu n’as pas de passé.

Tu es destiné pour l’oubli.

Cesses de m’habiter et de me harceler.

Tu es nocturne.

Tu es noire.

Tu te lamentes inlassablement

Mais que veux-tu que je te dise !

Je ne t’ai rien demandé.

C’est toi qui voulais voir

ce qui se passait de l’autre côté.

De l’autre côté du fleuve,

L’autre côté du fleuve, il y a le mirage.

Le fleuve lui-même est un mirage

Il était malin ce Sakiyamini qui en a gardé le grand silence.

Lâche-moi.

Je suis fatigué de te répondre.

Tu n’as que des questions auxquelles nul n’a de réponse.

Lâche-moi, Ô mon âme !

Tu n’es rien !!!

Va-t’en.

Version des poèmes en ro

Vasudevan KANAGASABAI, Poeme

 

 

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