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Tahar Djaout, Poème pour Nabiha

10 Mar

Poème pour Nabiha

 

 

Je rentrerai du voyage

Et te trouverai endormie.

Le raffut des meubles se sera tu,

Les bêtes en douceur se seront éclipsées,

Et tous les tambours de la maison seront devenus peaux

Vivantes mais discrètes.

J’arrive toujours dans la suspension juste des pulsations,

Quand la chaux, l’argile et leur blancheur ont tout réoccupé.

 

J’arrive

Et je vois peu à peu l’émersion ;

 

Toi d’abord qui orchestres couleurs et mouvements,

Redonnes leur tapage aux bestioles,

Dirigés des vols périlleux.

Puis les objets,

Fiers de leurs prouesses,

Déclenchent l’élan des manèges.

 

Tu chercheras les chiens acrobates du rêve

Entre les draps étonnés,

Tu secoueras un à un les poudroiements de la lumière

Et la vie se réinstallera.

 

Tu te réveilles

Et la maison devient un carnaval

 

(Extrait de « Pérennes », 1983)

Source :

« Djaout traduit » par Kader Rabia, in : Actualités & culture berbères, n° 74/75, publication de l’ACB (Association de Culture Berbère) automne-hiver Paris 2013, pages 32 – 33.

NOTA BENE : poème traduit en roumain par Marilena Lica-Masala ; la version roumaine peut être lue à partir du suivant lien :

Tahar Djaout, Poem pentru Nabiha

 

 

 

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