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Portraits de mes chers Amis : Mihai Eftimie

29 Août

Un pays, deux causes, une rencontre…

 

Nos chemins se sont croisés deux fois, lors de deux causes, patriotiques, bien-sûr : en juin 1995, à l’occasion d’une fête des participants de Câmpulung aux événements du Décembre 1989 [1], et 20 ans après, le 5 juillet cette année, à Chisinau [2], à l’occasion du Grand Rassemblement de Chisinau et de la Marche Unioniste « Stefan cel Mare » (Etienne Le Grand).

En 1995, vu qu’il était le hôte fiévreux de nous tous les révolutionnaires venus de Pitesti, de Bucarest et de Câmpulung, je n’ai pas eu l’occasion de lui parler.

Cette fois-ci, ce 5 juillet, dans la foule de la Place du Grand Rassemblement National de Chisinau, j’ai remarqué un visage qui me parlait… Ses yeux tardaient, également, sur mon visage… D’un coup, ses cheveux sel au poivre m’ont parlé… Sa voix a décroché le cadenas du coffre de ma mémoire… Des images mélangées du juin 1995 commencèrent se superposer sur les images actuelles, de la réunion des Roumains, portant sur l’union de la République de Moldavie à la Roumanie… Nous avons fait connaissance : « Mihai », s’est-il présenté. Je me suis recommandée à mon tour. Nous avons parcouru ensemble quelques kilomètres à pieds. Puis, notre petit chemin commun s’est bifurqué : lui a pris le chemin des marcheurs de la Marche de « Stefan cel Mar »e (l’Etienne Le Grand) ;  moi, le chemin vers l’autocar de Vatra, pour le retour à Bucarest.

Une semaine plus tard, nous nous sommes rencontrés encore une fois par hasard, le matin, dans la Gare de Iasi, en attendant sur le quai le Train de l’Union, direction Bucarest… Cette fois-ci nous avons changé nos coordonnées téléphoniques.

Depuis, nous sommes en contact, prêts à travailler ensemble au profit de l’Union. Nous sommes à l’origine de deux activités, chacun ayant l’initiative dans sa ville, moi à Pitesti, Mihai à Câmpulung.

L’union avec notre province égarée, la Moldavie Orientale, connue sous le nom de Bessarabie, nous passionne.  

Ayant presque le même âge et une cause commune, nous avons pris le temps de parler un peu de nous, de nos familles, de nos rêves, de nos affaires.

L’histoire de vie de Mihai est l’une très touchante. Son vécu affectif est l’un d’un être généreux, qui a aimé, qui a donné, qui a quitté pour construire, dans la générosité. De nature posée et flamboyante, il a assumé les soucis, les bonheurs, les malheurs.

Ingénieur, père de trois fils, papi, homme d’affaire, il est animé aussi par de très profonds sentiments patriotiques. 

En écoutant son histoire de vie, toute femme peut lui faire confiance. Car c’est le vécu glorieux d’un homme sérieux, responsable, respectable, organisé, bien dans sa tête. Moi même je me suis sentie tentée de m’abandonner pour une seconde dans ses bras. Aux profonds de mes tripes, l’envie de connaître un peu de plus cet homme de beauté éblouissante, athlétique, bon père de famille, doux, s’est soulevée contre moi. Elle voulait m’offrir une toute petite royale folie… Mais la voix intérieure du soldat que je suis devenue, l’a freinée.

« – Non, tu es fiancée ! C’est quelqu’un qui t’aime et qui t’attend en France », m’a dit sévèrement cette voix intérieure, devenue, brutalement, mon ennemie…

« – Non, tu n’as pas le droit morale », – m’a-t-elle découragé, encore.

« – Pourquoi compliquer l’existence de cet homme qui a souffert assez dans sa vie ? », il m’est venu le reproche d’un nouveau ami-ennemi, le Code de la vieille éducation reçue pendant mon tendre enfance qui ne me permet ni à présent de passer les bornes…

« – Non, tu ne peux pas aller vers lui, car tu n’as rien à lui donner… Ta vie est ailleurs, pas là ! », m’a-t-elle interpellé une fois de plus.

« – Et alors ? Tu seras trop loin de lui… Et puis, ce n’est point honnête de ta part ! », faisait ma voix intérieure, le grand inquisiteur…

Ces dialogues ne sont que des brins de pensées qui ont blanchi certains de mes nuits…  

Malgré le chagrin de mon coeur, il fallait faire tout pour que nous liions d’une amitié de tous les jours… Et nous avons réussi.

A quel prix ? Ne compte plus ! Je suis très fière de lui et de l’histoire de notre si inédite rencontre…  

 Pitesti, samedi, le 29 août 2015      

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