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Ren Yashio aux « Rencontres Poétiques Tiasci-Paalam » Paris

05 Juil

Ren Yashio au Tiasci-Paalam Paris

Ren Yashio aux Rencontres Poétiques Tiasci-Paalam

C’est la poète nippone Ren Yashio qui, cette fois-ci, était l’invitée d’honneur de la nouvelle édition consacrée aux « Rencontres Poétiques Tiasci-Paalam », animées, depuis des années, par notre vénérable ami Mark Verhaverbeke (1).

Vêtue d’un kimono aux couleurs de la chaleur estivale, au cours de son récital conçu comme monologue, Ren Yashio a littéralement fasciné les invités de l’espace Tiasci-Paalam !

Magiquement déguisée en sons et rythmicité – une adaptation moderne, j’oserais dire, du traditionnel théâtre Nô – sa féminité discrète, « sur fond d’urbanité, fantasmes et désirs (…) livrés de façon crue et directe, sensuellement » (Marc Verhaverbeke), était pleinement visible tout au long de sa présentation scénique, comme une sorte de provocation, de dénonciation de l’obéissance érotique ancestrale de la femme.

Est-ce que la poète Ren Yashio interpelle l’homme, personnage sous entendu de son monologue, le chasseur de plaisir charnel brutal, incapable d’aimer, éternité profanatrice de l’âme de la femme, de son corps, de son destin, de son besoin d’expression et d’affirmation par l’amour à la fois agapé et éros ?

Qui est-ce qui en fait ce personnage dissimulé, mystérieux, incarné par « le langage » de la ville (ou des grandes villes), qu’elle le surnomme « le langage » tout court ? (2)

Ou il s’agit plutôt d’une excentricité de femme-poète rebelle qui vit son siècle ?

Une lecture attentive et profonde des poèmes du Temps-sable (3) sur lequel repose le monologue de l’auteure, frénétiquement applaudie ce soir du 4 juillet par les amis de Tiasci-Paalam, répondra à toute question rhétorique…

Et, pour conclure notre brève esquisse de spectacle, une dernière touche portant sur la remarquable contribution de Meriem Laouarem à la lecture des poèmes de Ren Yashio en français, traduits du japonais par Olfa Berhouma, ainsi que de Fred Marty qui avait assuré l’accompagnement musical.

 ***

En ouverture de la soirée – c’est important de le rappeler ! – un émotionnant hommage poétique était observé à la mémoire de notre cher Éric Meyleuc, en présence de son compagnon, le poète Pedro Vianna, et des amis.

La soirée a pris fin autour d’un délicieux repas offert toujours avec générosité par nos très aimables hôtes, Arvind Appadourai, Amirul Arham et Vasudevan Kanagasabai.

 

Paris, le 4 juillet 2018

Notes :

(1) Pour détail, consultez le blog de Marc Verhaverbeke – http://www.ecrireiciaussi.canalblog.com

(2) Ren Yashio, en : UNE INTERVIEW EXCLUSIVE réalisée par Daniel, avec la collaboration de Sachiko ISHIKAWA, 2015 ;

 http://www.katatsumuri.fr/page-YASHIO-REN-FR.html

(3) Ce recueil, Temps-sable, a retenu l’attention de Laurent Fourcaut, professeur de littérature française et rédacteur en chef de la revue française « Place de La Sorbonne », qui surprend la transformation métaphorique de ses poèmes « en vers libres, caractérisés par une discontinuité syntaxique et sémantique complète, radicale même » :

« le corps du poème, le poème traité comme un corps, est l’organisme, élaboré et travaillé à cette fin, où se rejoue et réactive le désir à la faveur d’une pulvérisation (d’un « long, immense et raisonné dérèglement ») de ces « formes convenues » (Flaubert) qui, dans ce monde « devenu complètement pourri », l’aliènent et l’asservissent ».

Texte à lire sur le Sitaudis – Temps-sable de Ren Yashio par Laurent Fourcaut

 

Ren Yashio

Notice bio-bibliographique

Originaire de Nagano, elle vit à Yokohama.

Le premier contact avec la poésie a eu lieu au sein de sa famille, grâce à son père, poète lui-même, et à l’un de ses arrière-grands-pères qui écrivait des haïku. Sa mère était aussi une lectrice passionnée de littérature.

Ensuite, vers ses 16 ans, elle découvre la poésie d’Arthur Rimbaud, grâce à une traduction en japonais. C’est bien cette rencontre qui a réveillé sa sensibilité poétique. Plus tard, la rencontre de sa traductrice en français, Olfa Berhouma, lui a ouvert d’autres chemins d’expression poétique.

A présent, elle donne de lectures de ses poèmes, dans sa langue maternelle, au Japon et en France, ce que lui a permis d’avoir un public fidèle, de plus en plus nombreux.

Lauréate du concours de traduction de l’Institut Français de Tokyo, 2011.

Livres publiés

2004 : La Francophilie, recueil de début, paru aux éditions Doyôbijutsusha.

2010 : Ous(I)a, les éditions Shichosha.

2016 : Temps-sable, recueil bilingue, traduit du japonais par Olfa Berhouma et l’auteure, édité chez Furansudo, Tokio.

 

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