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REMEMBER : Léopold Congo-Mbemba, un inoubliable et si aimé poète de l’amitié lyrique congolaise – roumaine…

16 Fév

Léopold Congo-Mbemba

(Brazzaville, le 16 novembre 1959 – Paris, le 16 février 2013)

Léopold Congo-Mbemba à ICR (Institut Culturel Roumain), Paris, octobre 2011

Léopold Congo-Mbemba à ICR (Institut Culturel Roumain), Paris, octobre 2011

J’ai connu le poète et l’ami de tout honnête être, Léopold Congo-Mbemba, en août 2010… Je le cherchais depuis des mois pour lui demander de me confier de ses poèmes pour la première édition de l’anthologie bilingue, français-roumain, « Du Congo au Danube. De la Dunare la Congo »…

Il m’est venu au RV en allure élégante, sourire magique, yeux étincelants, voix en douceur… Un chapeau lui couvrait la tête et une veste traînait suspendue sur son épaule gauche, malgré la chaleur du jour d’été à ses fins…

Nous nous sommes mis à parler, autour d’un café, de la poésie, de mon projet de dialogue, de fraternité, de jumelage  lyrique congolais – roumain… Et j’ai eu l’accord et la bénédiction de Léopold…    

Nous sommes partis et quittés sur le parvis de la Bibliothèque « François Mitterrand », chacun sur son chemin… Mais, le charme de sa présence ne m’a plus quitté depuis, des jours…

Léopold avait quelque chose de magique dans sa façon d’être, une sorte d’aura, de charisme, de jamais connu…  

Grâce au travail excellent de mes partenaires de projet – l’historien-auteur Dieudonné Gnammankou, notre éditeur ; le poète-critique littéraire Marius Chelaru, le rédacteur en chef de la revue de culture poétique POEZIA où j’ai publié les traductions en roumain des poètes congolais et qui m’a mis en relation avec la plupart des poètes roumains ; le journaliste Marie Alfred Ngoma qui m’a mis en relation avec la plupart des poètes congolais – notre anthologie a vu le jour, le jour même du lancement prévu à l’Institut Culturel Roumain de Paris, le 4 octobre 2011…

J’attendais l’arrivée de Léopold impatiente mais avec beaucoup de chagrin… J’avais appris depuis notre première rencontre qu’à l’origine de son silence inexplicable parfois, se trouvait une maladie qui le dévorait lentement, qui lui arrachait toute sa force physique… Il ne pouvait plus se déplacer dix pas sans s’arrêter dix fois pour se reposer…

Je n’avais plus de souffle, j’étais triste comme une amante abandonnée, car il n’avait pas pu me promettre d’y être présent… 

Soudain, je l’ai vu montant l’escalier de l’ICR… Ô, à quel point je me suis retrouvée, je me suis épanouie, j’ai pu regagner mon sourire…

J’ai appris plus tard que c’est bien Jean-Blaise Bilombo qui lui a téléphoné de Brazzaville et qui l’a encourage en lui disant : « Lève-toi, Léopold, mets-toi debout et vas-y, malgré ta détresse ! Ne laissons pas seule notre soeur… » Léopold était le seul poète congolais de l’anthologie qui habitait dans la proximité de Paris…

Et Léopold nous est arrivé à peine tenant son souffle… Comment oublier ce trésor de générosité et de volonté ? Ô, mon Dieu ! 

En présence de Léopold Congo-Mbemba, le lancement de ma première anthologie de ma collection ARC (Afrique-Roumanie-Caraïbes) aux éditions Dagan, m’est devenu un regalo, un beau spectacle de poésie, de chant et d’amitié, en présence des poètes, ainsi que de deux chers doyens, de deux importantes figures de la culture universelle, africaine et roumaine, Monsieur Béséat Kiflé Sélassié, ancien directeur auprès de l’UNESCO, et son ami, Monsieur Dan Hàulicà, ancien ambassadeur à la Délégation roumaine auprès de l’UNESCO.

Joëlle Esso, artiste d’origine camerounaise, Dorothée, artiste lyrique d’origine polonaise, le musicien Jackson Babingui, l’interprète de l’hymne historique congolais Ata Ozali – texte de la jeunesse engagée de l’actuel doyen de la littérature et de la diplomatie congolaise, Henri Lopez, les médias parisiennes (Africa24 TV, Dépêches de Brazzaville, RFI – La danse des mots – Yvan Amar) nous y ont rejoint… 

Avec Léopold Congo_Mbemba au Village Ronsard

Avec Léopold Congo-Mbemba, au « Village Ronsard », le jour où son éditeur lui a remis ses exemplaires du recueil « Magies », Paris, le 28 septembre 2012

Et Léopold fût là, avec nous, parmi nous… Il a pris la parole…

Mes yeux versent encore leurs perles de beaux souvenirs de ce si cher magicien de la poésie universelle enracinée dans les drames et les beautés du fleuve Congo… Le Delta du Danube attendra toujours les caresses de son esprit éprit de l’humanité… Un très cher ami nous est trop vite parti vers l’infini…  

Il nous a laissé en héritage et pour mission, cinq livres d’une poésie si profonde, si noble, d’un message parfois si mystérieux… Léopold nous est parti il y a trois ans, après avoir publié son dernier recueil, « Magies », et avoir fêté ses 53 ans…

Ô mon Dieu, comme il était beau ce templier, défendeur tout simplement de la vie… Un digne descendant des pères fondateurs de la Négritude : Léon-Gontran Damas, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire…  

Que son âme repose en paix !

Paris, le 16 février 2016

N.B. Je crois que la présence de Léopold Congo-Mbemba dans cet ouvrage collectif « Du Congo au Danube », mérite bien d’être mentionnée par l’administrateur de sa page Wikipédia…  

Bibliographie :

Marilena Lica-Masala, Du Congo au Danube. De la Dunare la Congo, anthologie bilingue, Paris, collection ARC des éditions Dagan, 2011

Léopold Congo-Mbemba, Magies, Paris, Présence africaine, 2012 

A lire au même sujet :http://www.adiac-congo.com/content/souvenir-leopold-congo-mbemba-un-poete-parti-trop-tot-46126

 

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  1. Dom Pedro

    16 février 2016 à 14 h 25 min

    Très chère Amie,
    Sans trop me prendre pour un Poète,
    ci-dessous, un petit texte à l’inspiration instantanée
    faisant officie de ma contribution pour sa mémoire !

    Un Poète Aimé.

    De par tes songes sans excès,
    que ta prière soit exaucée
    comme ton souhait réalisé
    et ton rêve enfin concrétisé
    pour célébrer la mémoire
    d’un homme qui, un soir
    laissa ce monde rempli
    des gens aux rêves infinis
    qui ne l’oublieront jamais
    car il était UN poète aimé.

     
  2. JACQUES-OLIVIER

    16 février 2016 à 14 h 26 min

    Bonjour Chère

    Je suis à vos côtés et vous êtes dans mon coeur pour tous ces projets de beauté.

    JOE

     
  3. EKOUME Guillaume

    16 février 2016 à 14 h 43 min

    Du Beau A Tout Jamais Léo (Guillaume, de tout cœur)

    Souvent,
    Très souvent
    Manquent de vrais mots
    Écumant le grand pot
    De maux minant l’auvent
    D’un cœur contenant
    La douleur de sa vie

    Il a su rester dans le fond
    De son Congo profond
    D’où il puisait la force
    Et la qualité du verbe
    Qui nous berçait d’envie

    Tout cœur épris de la bonne musique
    Restera affamée de sa présence
    Mais gardera à jamais la mimique
    Des vers de sa grande aisance.

    Léo, ta tanière est celle du léo.
    Et à jamais, elle nourrira du beau.