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Où demeure le trône volé ce triste 30 décembre 1947 ?

30 Déc

Oui, c’est bien ce jour là, ce triste 30 décembre 1947, que la Roumanie a perdu pour la première fois depuis l’antique Dacia, son statut de royaume, sa beauté de petite princesse courtisée, parfois divisée en petits morceaux nommés principautés, par tant d’empires voisins… Austro-hongrois, Ottomane, Tsaristo-Soviétique…   

Oui, ce triste 30 décembre 1947, notre roi, le Roi Michel 1er de Roumanie, descendant de la maison royale anglaise et de Hohenzollern, a été contraint à laisser son trône, à abandonner son pays aux hyènes affamés de sa chair profondément blessée encore par une terrible guerre qui nous est venue de l’Est et de l’Ouest…  

Oui, ce triste 30 décembre 1947, ma mère, jeune fille de 15 ans, réfugiée depuis deux ans, avec mes grands-parents de Bucarest à Teiu, notre village, suite à l’insécurité qui avait envahit les gens et les rues après le 23 août 1944, écoutait à la petite radio l’incroyable nouvelle…

Coup d’état ! Silence des Alliés… Seul le portrait du Monsieur Staline défilait fièrement sur les grands boulevards bucarestois, présence unique sur les épaules fidèles à la nouvelle administration pro-moscovite, et gueulait : « Oui, moi, Staline le Magnifique, au nom de mon peuple rus, je suis venu chez vous, frères Roumains, pour vous rendre libres !  Libres de toute initiative ! Libre de toute opposition ! Libre de tout espoir !  Vous, Rebelles des Montagnes, et vous, Partisans paysans opposants à ma Volonté kolkhozienne, je vous trouverai même dans les demeures des serpents, je vous le promets ! Qui vivra verra ! » 

Le cœur des murs de la maison paysanne est devenu petit, petit, souffle à peine audible…

Ce jour fatidique, les prisons de mon pays n’avaient plus de places, à tel point étaient bien peuplées depuis le 23 août 1944, par les « ennemis du peuple », les patriotes, en fait.

« Ce qui suit ? Ce qui nous arrive demain ? », nomma, voix bas, mon grand-père, jeune gendarme à la retraite forcée de la Garde Royale, ses trop nombreuses inquiétudes, sans regarder ni sa femme, ni sa fille.

La marche de l’histoire a mis une sorte de « en guise de fin » aux inquiétudes de mon grand-père… Assez tard… Le 25 décembre 1989… Par les porteurs de la même idéologie du crime…  

Au peuple, les artisans de la chute du « dictateur » ont lui rendu le droit de demeurer plongé 26 ans après dans la même précarité du manque de dignité, de vision socio-économique saine…

Sauf au Roi Michel et au pays, ils ont oubliés de les rendre justice face à l’injustice suprême : le vol du titre de royaume, de son trône, de son rôle.       

Paris, le 30 décembre 2015

    

 

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