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Le camion blanc de Nice – parallèle historique (1)

16 Juil

Des camions des troubles politiques à la tuerie de Nice

Les camions du malheur

Causes ? Origines ? Solutions ?

Lulli - croquis de Romulus Constantinescu, Pitesti, 1999

Lulli – croquis de Romulus Constantinescu, Pitesti, 1999

En guise d’argument

Je suis profondément liée, affectueusement et professionnellement, de la Promenade des Anglais ! En avril 2011 j’y ai rencontré, sur une terrasse, un illustre personnage de la guerre de 1939 – 1945, qui est devenu la muse inspiratrice de deux de mes livres. Il s’agit bien de l’ancien ambassadeur de la Grande-Bretagne, Ivor Porter. Notre rendez-vous s’est passé à quelques pas de « Negresco », le fastueux palace fondé en 1912 par l’homme d’affaires roumain Henri Alexandre Negresco.

Depuis cinq ans déjà, à partir du surnommé renommé « Printemps arabe », je me suis imposée de ne pas m’exprimer aux sujets politiques type « révoltes populaires » ou type « kamikazé-daech », ni de m’impliquer physiquement comme je l’ai fait en décembre 1989 dans mon pays.

Je me suis réprimée tout au long de 2010 – 2011 l’envie de m’exprimer sur le « Printemps arabe » car j’ai vu dans les rues de Tunis des camions portant des Tunisiens ressemblant aux camions portant des Roumains qui sont descendus aux rues de Bucarest, en 1989/ 1990, pour chasser le dictateur Ceausescu ou pour défendre la fragile démocratie…

Des témoignes qui vivaient à Bucarest du 23 août 1944 au décembre 1947, décrivent des camions similaires jaillissant de nulle part pour faire descendre des ouvriers roumains demandeurs de justice contre les « ennemis » du peuple…

Qui étaient ces « ennemis du peuple » roumain à Bucarest, les années 1944 – ’47, un peuple qui habitaient depuis son antiquité un territoire courtisé, adulé, désiré depuis 1917 par les artisans du bolchevisme et d’une Russie populaire, comme Monsieur Lénine ou Monsieur Staline. Eh, bien, l’ennemis du peuple roumain n’était personne d’autre que la fleur de son l’intelligence, de son vécu, de son histoire, son élite…  L’élite roumaine des années ’40 comptait : intellectuels, sociologues, politiciens, hommes d’affaires, prêtres, politiciens, paysans propriétaires traditionnellement de petites terres, boyards, philosophes, économistes, avant-gardistes, maçons, écrivains, chercheurs, innovateurs, scientifiques, ingénieurs, libéraux, monarchistes, antibolchéviques, patriotes… Aujourd’hui on le sait que derrière les camions bucarestois de 1944 à 1947 se trouvaient les agents de Monsieur Staline… Et que les prisons roumaines gémissaient remplies au refus de sa fleur, de son élite ! On ignore là les morts suspèctes, les écrivains, les artistes, décédaient suite aux accidents de trafic… Victimes parfois, du même personnage, le camion…

Quel génocide, après la fin de la guerre de 1939 à 1945, contre et au sein d’une nation ! Des Roumains pour la plupart, mais ils n’ont pas manqués ni des Tatars ou des Allemands ou d’autres représentants des différentes ethnies de cette nouvelle Roumanie, « républicaine » pour la première fois de son antiquité, qui se retrouvait dans ses frontières sans ses deux grandes provinces historiques : la Moldavie Orientale et la Bucovine.   

Qui sont les gens qui descendent depuis décembre 1989 dans les rues de Bucarest, de Tunis, de Caire, etc., mal habillés et sans aucun programme révolutionnaire dans les poches ? Sont-ils des révolutionnaires ou plutôt des gens manipulés ?  On voudrait bien, mais on ne peut pas les comparer aux révolutionnaires de 1848…

Aucune similitude entre ces mouvements populaires qui ressemblent de plus en plus comme deux gouttes de pluie, par leurs manifestations et notamment par leurs conséquences, à ceux de 1848 qui ont enflammé et favorisé la naissance des états-nation et le progrès en Europe.

Ces gens mal habillés ne peuvent pas être révolutionnaires ; ils sont plutôt un seul personnage, une « foule » choisie (distinguée des autres, inactifs, passifs, restant chez eux pour regarder la révolution ou les attaques terroristes à la télé, sur facebook, etc.) participante, consentante ou manipulée qui doit être massacrée « en direct », filmée, comme les grandes stars du film western…

Parfois cette foule même doit massacrer les autres catégories sociales, les étudiants, les journalistes, les intellectuels ; à voir le dossier des « Minériades », Bucarest 1990.  

La seule grande victoire, par exemple, qui a suivi à la chute du dictateur Ceausescu dans mon pays et qui a rendu vraiment heureux le peuple roumain, ainsi que tous les minorités ethniques vivant sur le sol roumain (Grecs, Turcs, Tatars, Italiens, Juifs, Arméniens, Hongrois, Allemands, Serbes, Polonais, Bulgares, Aroumains, Ukrainiens, Tsiganes alias Rroms, Russes, et bien d’autres), a été la liberté de voyager, de sortir du pays, de sortir de chez nous vers la rencontre  des autres pays, des autres coutumes, des autres peuples. A part ça, sérieusement, il n’y pas grande chose à compter et dénommer progressiste, car le malheur règne encore l’ensemble du pays livré à la pauvreté, voir la misère socio-économique. Là bas, ni même l’adhésion à l’UE n’a pas atteint son but estimé : la croissance en même temps, égale et équivalente, de l’état économique de tous les pays de cette union économique…

(à suivre)

 

 

 

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