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La Roumanie, de la première république populaire à la troisième république

27 Août
Moi,Nanterre, août, 2018

Nanterre, août, 2018

La Roumaine : de la première république populaire à la troisième république semi-présidentielle

Ah, la Roumanie… Royaume à partir de sa jeune antiquité dace jusqu’au jour fatal où elle est devenue république… Une république illégitime.

On dit bien « illégitime » car ni le peuple ni son jeune roi, Michel 1er de Roumanie, ne l’ont souhaitée. Ce fut la volonté de Monsieur Staline tout comme de ses hommes qui faisaient la loi en Roumanie depuis le 23 août 1944. Et ce fut aussi l’une des graves conséquences subies par ce pays déclaré « vaincu » et abandonné aux mains jalouses de Moscou.

Le 6 mars 1945, le Roi Michel se voit contraint à nommer dr. Petru Groza à la tête d’un gouvernement de coalition ayant le soutien de la délégation soviétique dirigée par Andrei Vishinsky, commissaire du Peuple adjoint pour les Affaires étrangères de l’Union Soviétique. Dr. Petru Groza fera tout de sa part pour permettre la hégémonie des communistes en Roumanie et assurer la transition du pays vers un régime communiste.

Première république : la République Populaire Roumaine (fin 1947 – 1965)

Ce jour fatal de passage abasourdissant à son étape républicaine fut le 30 décembre 1947, lorsque Michel 1er, le dernier roi de Roumanie, courba sa couronne sous la pression des généraux de Monsieur Staline et consentit à l’abdication.

Roi et Peuple pleuraient terrifiés. Le pire et le malheur étaient en route.

Suite à cette abdication, le pays…

Ah, ce doux, lumineux et élégant pays se trouvait déjà depuis le 12 septembre 1944 sous l’occupation de l’Armée Rouge et depuis le 6 mars 1945 sombrait dans les ténèbres d’un pouvoir aux tendances dictatoriales et au moins bizarres sinon criminelles… Un pouvoir communiste qui jetait déjà tous les jours dans ses prisons les représentants de l’élite roumaine patriote comme de toute autre minorité de Roumanie, comme de tout autre groupe social-politique-économique. Un pouvoir jamais connu enfermait ses citoyens abusivement persécutés et abusivement enlevés de chez eux pendant la nuit…

Ce beau pays fermait ses frontières en fin d’année ’47 et rentrait au début de ’48 pleinement dans la sphère d’influence du modèle sociétal  d’un Moscou soviétique rapace qui y le voulait de satellite soumis, arbitrairement nommé « république ».

On dit bien « arbitrairement » car le peuple n’a pas été consulté. Décimé et décapité de ses grands hommes, il se retrouvait tout seul devant la répression sauvage de ses protestes tout comme de sa résistance cachée quelque part, pour encore un peu de temps, dans les montagnes et forêts.

Cette république bébé n’est pas heureusement devenue l’une de nombreuses républiques soviétiques !… Mais, gérée par le parti communiste, elle a été autant cruelle qu’autocrate, écrasant tout opposant. Quel massacre depuis le début de son existence ! Elle a porté ironiquement et tristement le nom de République Populaire Roumaine du 30 décembre 1947 au 21 août 1965. La jeune république dévorait, semblable à Cronos, ses nombreux enfants renfermaient dans les prisons républicaines gémissant de leur sang, douleur, souffrance, torture, mort.

Deuxième république : la République Socialiste de Roumanie (1965 – 1989)

L’année 1965 semble l’annonceur de certains changements. La mort de Gheorghe Gheorghiu-Dej. Nicolae Ceausescu lui succède à la tête du Parti Communiste. La Constitution, la troisième communiste, adoptée par la Grande Assemblée nationale le 21 août, apporte des changements dans l’organisation et le nom de l’État. Désormais, l’État prend le nom de République Socialiste de Roumanie jusqu’au 22 décembre 1989. Et prend une certaine distance par rapport au Moscou.

Bref regard  sur les libertés des citoyens des premières deux républiques

Persécuteur et chasseur des libertés du peuple, ce parti communiste fut à partir du fatal 1948, unique et terriblement despotique et corrompu, imposant une politique de nationalisation des biens. Terres, entreprises, hôpitaux, banques, écoles, cabinets d’avocats, cabinets de médecins sont devenus la propriété de l’État. Cette « mission » de confiscation des biens des gens fut achevée à peu près globalement 15 ans plus tard, en 1962, avec pas mal de victimes aussi.

Plus de 2.200.000 de Roumains & de Citoyens des communautés minoritaires de Roumanie, notamment les Tatars, sont devenus ses victimes politiques, sociales et économiques, nationalisation inclue, dont plus de 975.000 arrêtés, torturés et morts finalement, de 1945 à 1989. 

Troisième république : la république semi-présidentielle (décembre 1989 à ce jour)

Depuis le 22 décembre 1989, l’état roumain, libéré du pouvoir maléfique de Nicolae Ceausescu et ses symboles, demeure toujours en république, quasi semi-présidentielle (selon la personnalité du président) parfois répressive elle même et plus corrompue que la république socialiste.

La dernière répression ordonnée – par le gouvernement actuel ayant à la tête comme premier ministre pour la première fois une femme, Viorica Dancila – a eu lieu ce 10 août 2018.

Les victimes ? Les enfants du décembre 1989 qui, adultes à ce jour, protestaient contre la grande corruption. La corruption, cet héritage immoral, affaiblit et ralentit le processus démocratique du pays ainsi que le moral des citoyens.

En guise de conclusion

Le gouvernement de la troisième république permet donc, encore, à 70 ans et 8 mois d’existence républicaine, la répression.

Malgré qu’on n’est plus ni en 1945, ni même en 1990.

Marilena Lica-Masala

Paris, le 27 août 2018

 

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