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La forêt des Livres, le 31 août 2014

09 Août
Eglise de Chanceux

Eglise de Chanceux ; une allée de la Forêt des Livres, le 31 août 2014

La 19ème Forêt des Livres

– le 31 août 2014

À la mémoire de son fondateur,

Gonzague Saint-Bris

 

Chanceux-près-Loche

 

Actrice de la littérature, mais aussi passionnée de l’histoire, sous toutes ses formes, de l’histoire de l’art à l’histoire des civilisations, j’ai pu rencontrer des gens remarquables et visiter des lieux de conte de fées, tout au long de ma décennie française.

Parmi les évènements auxquels j’ai participé en visiteur ou invitée officiellement, il y en a un très spécial qui me revient en mémoire dans un contexte fortement particulier. Je le « revisite » avec joie trois ans après, car il m’augurait de beaux plans à son époque, en déplorant en même temps la fin tragique de son fondateur, ces jours.

Je ne me suis jamais exprimée sur mon blog sur ce jour inoubliable du 31 août 2014, car mon webmaster travaillait encore à sa construction. Mais, est-ce que mon appareil photo a su garder intactes les quelques images prises sur place ? À l’heure, cette tournure douloureuse, liée au souvenir de l’auguste dimanche, m’oblige de fouiller parmi mes fichiers photos, à la recherche d’une trace de cet évènement. Euréka ! La recherche m’a pris une heure, mais les voilà, elles sont là, correctement archivées.

Marilena

A la Forêt des Livres, le 31 août 2014

La trouvaille de ces images me permet raconter brièvement, dès maintenant, cette journée du mirifique 31 août 2014.

Je le fais aujourd’hui pour que la mémoire écrite puisse garder l’empreinte de cet admirable dimanche de fin d’août, ensoleillé, passé à Chanceux-près-Loche, dans l’Indre-et-Loire, auréolé par une rencontre littéraire inédite, fondée et hébergée dans ce petit village.

Invitée par Francis B. d’Azay (surnom de plume à la mémoire de ses ancêtres propriétaires du domaine d’Azay-le-Rideau), j’étais à mon premier rendez-vous avec ces lieux.

Et cette visite demeure en unique, jusqu’à présent. Une visite singulière, car village, villageois et bénévoles attendaient attentifs leurs invités à la 19e édition de la Forêt des Livres.

Fondateur de cet atypique festival du livre, personne d’autre qu’un véritable fils des lieux, Gonzague Saint-Bris.

Ma rencontre avec Gonzague Saint-Bris

Gonzague Saint-Bris, le 31 août 2017

Gonzague Saint-Bris, le 31 août 2017

De notre arrivée, vers 9h00 (Francis est toujours ponctuel), l’air de ce village forestier sentait à fraîcheur d’automne, à fête champêtre, à joie.

Mon compagnon me propose de rechercher d’abord Gonzague, pour qu’il puisse nous faire connaissance. 

Il fallait saluer le fondateur de ce rassemblement à la fois littéraire et populaire, n’est-ce pas ?

D’autre part, mère d’un fils admirateur de Michel Jackson, j’avais hâte de connaître le biographe de l’idole de la jeunesse des années ’80/ ’90, voir l’interviewer et même, pourquoi pas, lui traduire ce livre en roumain.

Je pensais profiter de cette traduction pour rendre hommage à la mémoire de Michel Jackson, un chanteur innovateur, tant apprécié par les jeunes de mon pays.

« Si on cherche, on trouve », dit une maxime. En allant vers l’église pour participer à la messe en mémoire des écrivains défunts de la Forêt des Livres, Francis et moi avons croisé Gonzague lui-même, en chair et os… Quelle chance ! Quelle joie ! Il s’arrête volontiers pour saluer son « voisin dans l’histoire »…

C’est bien Gonzague Saint-Bris qui aimait surnommer  Francis son « voisin dans l’histoire », car il connaissait très bien l’histoire des Berthelot (Martin et son fils, Gilles) qui avaient acheté d’abord le domaine d’Azay (Martin) pour en bâtir ensuite le château d’Azay-le-Rideau (Gilles, de 1513/ 1518 à 1523), dans le Val de Loire, pas loin de l’actuel château du Clos Lucé (ancien Manoir de Cloux et forteresse médiévale), propriété depuis deux siècles des Saint-Bris.

Le beau château d’Azay -le-Rideau, bâti en style Renaissance française à l’inspiration italianisante et confisqué par le Roi François Ier à Gilles Berthelot et son épouse, Philippa Lesbahy, réfugiés vers Metz pour s’échapper à la persécution, il a pour propriétaire actuel l’état français, étant ouvert au public.  

Francis, à son tour, descendant contemporain des Berthelot du XV/ XVIe siècle, est né loin de la Touraine ancestrale, possédant une petite mais jolie propriété dans la banlieue de l’Île-de-France.

Mon compagnon me présente par la suite. Le temps qu’il lui expose mon projet d’interview et de traduction, je regardais attentivement Gonzague, admiratrice de son allure distinguée, aristocratique, de sa beauté physique masculine, de son visage souriant, de sa chevelure bouclée tombant naturellement vers ses épaules… Il était habillé tout en blanc…

Dans l’ambiance pittoresques des lieux, Gonzague me semblait un comte d’autrefois… À ce jour encore, je sens sa main me serrant délicatement et brièvement la mienne.

Gonzague n’avait plus des exemplaires de sa biographie de Michel Jackson que je rêvais la traduire… Mais, on verra ultérieurement, m’encourage-t-il.

« Ultérieurement », pris par nos propres chemins professionnels et personnels, aucun de nous n’est pas arrivé prendre le RDV promis avec Gonzague. Francis a changé de projet, et moi-même, à mon tour, j’ai tenté une seule fois le contacter par l’intermédiaire de son site. N’ayant un retour, j’ai reporté idée et RDV. Ensuite, me trouvant entre les Scylla et les Charybde de mon existence, j’ai totalement oublié Gonzague, Michel Jackson et le projet de traduction.

Hier matin, la nouvelle en bande rouge sur Yahoo, annonçant la mort de Gonzague Saint-Bris, m’a pétrifiée ! Un fer rouge parcourut ma chair ! Un chagrin oublié endeuilla cœur, pensée, âme, souvenir… Quelle perte ! Quelle tristesse !

Se croire immortel ou qu’on a tout le temps à notre disposition de chercher quelqu’un aussi très pris par son agenda, se métamorphose sans doute en grave erreur lorsque le sort décide autrement…

 

La forêt des Livres – 19e édition, le 31 août 2014

Le programme de cette 19e édition, s’annonçait richissime… La messe fut suivi d’un colloque culturel, hébergé au Bûcher – Théâtre de Verdure, et animé par Jean-Claude Narcy, avec la participation, bien sûr, de Gonzague Saint-Bris.

Jean-Claude Narcy

Jean-Claude Narcy, à la 19e Forêt des Livres

Vers midi, l’arrivée du Train des Ecrivains en Gare de Loche, nous a permis aller déjeuner sur l’herbe… Des files d’attente devant les stands des marchands des plats traditionnels et de l’inséparable verre de vin, si cher aux Français, se forment au Parc du Château…

Vers 14h, le Chalet des Chasseurs – magnifique construction en bois sculpté et de couleur verte ! – fut inauguré par Gonzague Saint-Bris en présence de plus de 200 auteurs, écrivains, élus, personnalités, dont : SAR le Prince Consort Henrik de Danemark ; Jean-Marie Rouart ; Jean Tulard ; Pierre Bellemare ; Dominique Besnehard ; Eric Naulleau ; Jacques Pradel ; Florence Arthaud ; Yves Bigot ; Cendrine Dominguez ; Patrice Duhamel ; Anny Duperey ; Anne Roumanoff ; Georges Fenech ; Guy Savoy ; Yann Queffelec ; Thierry Geffrotin ; Axel Kahn ; Alain de La Morandais ; Françoise Laborde ; Mazarine Pingeot ; Romain Sardou ; Charlotte Valendrey ; Rama Yade et beaucoup d’autres.

À partir de 14h, durant quatre heures, tous les visiteurs ont pu changer avec les écrivains en dédicace, en plein air, sous les arbres centenaires, les stands étant situés sur l’Allée des Platanes et au Parc du Château.

C’est comme ça que j’ai eu la chance incroyable de retrouver Jacques Pessis, le biographe d’Edith Piaf et mon interviewé en 2007, pour la revue roumaine le « Miroir littéraire » de Focsani.

Avec Jacques Pessis, à la 19e Forêt des Livres

Avec Jacques Pessis, à la 19e Forêt des Livres

D’autres ont pu visiter l’exposition de la Mairie des Chanceux. D’autres sont allés suivre le « Café Littéraire » animé par Christian Panvert juste devant le « Chalet des Chasseurs », ou, encore, au « Bûcher – Théâtre de Verdure », la pièce de théâtre « Jaurès assassiné deux fois » par Pierrette Dupoyet.

À la fois auteure, comédienne et metteur en scène, Pierrette Dupoyet a joué en monologue la veuve de Jean Jaurès. Excellente pièce ! Touchante mise en scène !

À partir de 18h, Gonzague Saint-Bris a remis les Prix littéraires « Les Lauriers Verts de la Forêt des Livres »… Le soleil, déjà au crépuscule, laissait ses rayons pénétrer le feuillage des arbres, pour éclairer modestement l’amphithéâtre surpeuplé devant le Chalet…

Gonzague Saint-Bris

Gonzague Saint-Bris remet les Prix de la 19e Forêt des Livres

Forêt des Livres

Forêt des Livres, le 31 août 2014

Le programme du festival a été clôturé par Hugues Vassal et ses souvenirs portant sur sa rencontre avec Edith Piaf.

Ravis, enthousiasmés, heureux d’avoir passé notre dimanche au milieu d’une forêt, des gens et des livres, grâce à l’infatigable Gonzague Saint-Bris, Francis et moi avons repris le chemin direction Paris, nous promettant de revenir à la Forêt des Livres, prochainement, en auteurs en dédicace…

Derrière nous, la nuit laissait ses ombres longues tomber sur les sons et les couleurs d’une très belle journée…

 

Gonzague Saint-Bris – une vie, une oeuvre, une icône

 

Depuis hier, une nuit plus sombre que jamais, a pris dans ses ténèbres notre inestimable amphitryon de cette belle journée, Gonzague Saint-Bris.

 

Le beau et chanceux Gonzague n’est plus…  Mais, il laisse derrière lui une vie accomplie, une icône !

 

Paris, le 9 août 2017

 

 

 

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