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Harry Carasso (1927 – 2016)

09 Fév

Harry Carasso ou la vie comme un voyage…

(Né à Bucarest, le 5 mai 1927 – éternellement parti à Paris, le 31 janvier 2016) 

Il m’est si difficile de parler de la partance pour un voyage éternel d’un confrère, d’un partenaire de rêves, de projets, de plans littéraires… Mais, il m’est plus difficile me taire…

Mon Harry Carasso était le benjamin d’une triple fratrie. Ses frères aînés sont nés à Salonique. Seul Harry est venu au monde une année après l’arrivée de ses parents à Bucarest.

Son père était à son tour l’un des trois frères Carasso qui ont quitté Salonique en 1926 pour s’installé en Roumanie. Tous les trois frères étaient commerçants. Ils ont ouvert d’ailleurs, à Bucarest, une belle boutique à plusieurs employés.

La mère de Harry parlait à la maison, avec ses enfants, en français ainsi qu’en ladino, le dialecte des Juifs espagnols. C’est la raison pour laquelle Harry aimait nommé le français pour sa langue maternelle…

Il a appris le roumain tout d’abord avec le personnel domestique et ensuite dehors, lors de ses jeux avec les garçons du quartier bucarestois. C’est ainsi que la rue lui est devenu le meilleur professeur de langue roumaine…

Il a suivi ses études au Lycée Juif Privé de Bucarest (1941 – 1944), fondé et dirigé par le remarquable linguiste et activiste communiste, Alexandru Graur.

En juillet 1944, un bombardement sur Bucarest jamais assumé a fait de ses parents et le frère aîné des victimes de guerre, collatérales. Benico, le frère aîné, étudiant à l’époque, à la Faculté de Médecine de Bucarest, et Harry ont survécu à cette malheur. Ils ont quitté la Roumanie en 1947.

Harry a continué ses études universitaires à Paris, à « Sciences Po ».

Ultérieurement, il a épousé Marie, une belle femme d’origine bretonne. De son mariage il a eu une fille.

Au début des années ’90, une fois devenu jeune retraité, il a dédié son temps au journalisme free-lance, à la traduction en français des livres de ses amis, à l’écriture.

A la fin de sa vie, il laisse pour héritage à sa fille et à son petit-fils une oeuvre appréciable en manuscrit et éparpillée dans quelques revues littéraires, dont, pour la plupart, « La Lettre Sépharade » et « Diasporiques ».

 Harry aimait l’histoire, les voyages, le jazz et le cinéma…

Invités par la famille, plusieurs amis et proches sont venus l’accompagner sur son dernier chemin, vers son voyage éternel. Parmi eux, l’écrivain Maggy de Coster et l’ami du Cercle de Bastille, Maurice Frish.

Selon son ultime souhait, à la veille d’adieu du 5 février, la famille a présenté une brève biographie et a lu des extraits de ses manuscrits.

Au tombeau, notre cher ami Maurice a chanté en hébreu  le Psaume 91 et lu en français, ainsi que la Prière des morts et le Kadish.

Ce vendredi 5 février, le cercueil orné d’une jolie étoile bleu de David, est descendu dans la terre, pour le caché éternellement à nos regards… A très bientôt, Harry Carasso aurait eu ses 89 ans…

En guise d’adieu, je préfère mettre, ci-dessous, quelques liens vers ses articles mis en ligne. Un journaliste culturel, un traducteur, un écrivain, ne meurt jamais.

Harry Carasso – « Les Juifs en Roumanie (1919-1938) » – Carol Iancu

Harry Carasso – « Être ou ne pas naître… » – Albert Finkelstein

http://www.sefarad.org/lm/022/roumanie.html

Un corridor à la mémoire de mon voyageur éternel, Harry Carasso…

Harry Carasso – A voir, à lire…

Harry Carasso – Vedi Napoli e poi muori….

Paris, le 9 février 2016

 

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  1. caraso danielle

    13 février 2016 à 13 h 17 min

    Merci Marilena pour ce bel article, ce bel hommage à mon père qui aura vécu ses passions jusqu’à la fin de sa vie ..
    Il est parti , il nous manque mais ses écrits sont là pour notre mémoire à tous.

     
    • Marilena

      14 février 2016 à 2 h 10 min

      Il est très juste ton mot, Danielle ! Harry est parti comme un soldat, en attendant d’accomplir à son devoir…