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Guy Cétoute : « Et le premier ange sonna… » de Boris Finkelstein (I)

25 Mar

Les lectures de Guy

Guy Cétoute est poète, prosateur, critique littéraire.

Il peut être lu sur son blog : Guy Cétoute et ses lectures 

 

 

« Et le premier ange sonna – l’URSS inconnue »

de Boris Finkelstein

– traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy –

 

Boris Finkelstein, au lancement de ses recueils, Librairie l'Âge d'homme, Paris

Boris Finkelstein, au lancement de ses recueils, Librairie l’Âge d’homme, Paris, octobre 2015

 

Chapitre 1 : Intrication de l’intime et de l’extime

 

Double objectif : Saisir l’âme russe au travers du biographique.

Les faits d’une vie s’organisent de façon telle à dessiner un portrait à la fois psychologique, intellectuel et sentimental. C’est le cas pour notre objet d’études dans lequel  chaque fait est signifiant et a été mis à contribution pour sa dimension d’exemplarité susceptible d’éclairer un aspect important de l’âme russe. En effet, il s’agit de l’âme russe, ce qui concerne son idiosyncrasie se manifestant en un ensemble de manières d’être qui résistent aux contingences historiques. Il y a dans toute existence, d’un  côté le transitoire et le contextuel, qui se rapporte à  une époque et un  contexte ; et de l’autre ce qui est constant qui s’inscrit dans le marbre de la personnalité russe.

C’est la Russie en tant que personne que le narrateur essaie de saisir notamment au travers des événements de sa vie. En tout et pour tout, il y a intrication de l’intime et de l’extime. Objectif dévoilé dès le titre de l’ouvrage articulé en deux volets : un pour l’intime, l’autobiographie encadré par le thème « Et le Premier Ange Sonna », et le second volet  « L’URSS Inconnue », qui concerne ce que le narrateur a l’intention d’apprendre au grand public sur son pays.  Cela a à voir avec l’histoire russe, le système politique et l’âme russe.

Par ailleurs, le récit de la vie du narrateur est en résonance avec le récit de la société à certains points de vue, même si il y a place  pour des particularismes ou spécificité personnelle pour  se manifester.  En quelque sorte l’histoire personnelle éclaire  l’histoire générale ou globale. Cela étant posé, entrons dans le vif du sujet en nous demandant ce que le narrateur homodiegétique révèle à la fois sur sa vie et sur l’âme russe.

 

Chapitre 2 : L’âme russe

L’âme russe, c’est d’abord son histoire. Nous savons que nous sommes dans l’URSS à un moment critique de son histoire où elle va basculer vers quelque chose d’autre. Une période de  transition qui permet un « in  between » quelque chose qu’on a quitté pour tendre vers quelque chose d’autre. Alors cet intervalle permet à l’auteur d’observer une distance critique pour juger et évaluer les faits.

L’âme russe, c’est son régime politique. D’un autre côté, on en apprend sur le régime communiste dans ses caractéristiques. Par exemple, c’est le régime de la pénurie chronique donnant lieu à une vie âpre façonnant des hommes âpres, très peu portés sur la fantaisie et l’humanisme. C’est aussi le travail-servage, etc.

Il importe de faire un gros plan sur le rôle du climat. Il est souvent question de l’hiver cinglant et glacé,  phénomène constant mais qui est toujours vécu comme une injustice insupportable. Et il semblerait que cette température polaire exerce une influence négative sur le caractère froid des gens.

Essai de théorisation explicative. La rudesse de  l’existence ordinaire peut aussi s’expliquer par la situation de pénurie chronique manifeste par deux signes qui ne trompent pas : c’est d’une part le cas des magasins souvent vides, et le second, les bas salaires qui ne permettent pas aux gens de se procurer à peine le minimum vital. Il n’est pas possible de se permettre un peu de confort.

La corruption rampante. Dans le train-train quotidien de la vie, il y a les petites combines, la débrouillardise.

Schéma des rapports hiérarchiques.  On a l’axe vertical que rapport des autorités avec la population versus le rapport horizontal des relations interpersonnelles. Et en troisième lieu, on souligne ce qui est personnel à la personnalité de Boris. Dans le champ de l’œuvre, il y a nette distinction entre ce qui est collectif, étatique ; et ce qui concerne l’’individu, dans sa manière de « vaincre le système », et ce qui est propre au narrateur.

(à suivre)

Avec Boris Finkelstein, son épouse et Athanase Vantchev de Thracy , Paris, octobre 2015

Avec Boris Finkelstein, son épouse et Athanase Vantchev de Thracy , Paris, octobre 2015

Paris, vendredi le 25 mars 2016

 

 

 

NOTA BENE :

Dès maintenant, en ligne, la deuxième partie de la chronique de Guy Cétoute,

pareillement : 

Les lectures de Guy Cétoute : « Et le premier ange sonna – l’URSS inconnue » de Boris Finkelstein, en français par Athanase Vantchev de Thracy

Bibliographie :

Boris Finkelstein, Et le premier ange sonna – l’URSS inconnue, traduit en français par Athanase Vantchev de Thracy,  Lausanne, Editions L’Âge d’Homme,  2014

 

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