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Et j’ai vu Eric…

13 Juin

 

Eric Meyleuc et Pedro Vianna, mes deux amis de tous les jours, sont là, à gauche, deuxième plan.

Eric Meyleuc et Pedro Vianna, mes deux amis de tous les jours, sont là, à gauche, deuxième plan.

 

Aujourd’hui, j’ai vu Eric.

Autour de lui, il faisait si froid, oh, combien froid, hélas, dans le silence cruel, éternel, qui silenciait le jour en fin de l’après-midi de mercredi.
Il était étendu là, immobile, sur un podium. De son hauteur, la silhouette allongée de jeune homme grand, mince, bien bâti, avec de larges épaules, régnait la tranquillité de pierre de la pièce.
Le linceul blanc qui lui couvrait tout le corps, ne laissait visible que la tête.
Dans cette pièce de pierre froide, nous n’étions que nous deux, le froid, le blanc du linceul et le silence.


Je lui regardai tranquillement, longtemps, le visage qui semblait beaucoup plus jeune, digne, serein. Vous auriez dit qu’il dormait.
Ses yeux, grands et chaleureux une fois, fermés à jamais, avaient l’air d’être plus petits, sans les lunettes de tous les jours. Quelque’un  les avait pris, sans doute, pour les mettre quelque part.
Les cheveux noirs, longs, tombant sur son dos, s’épanouissant brusquement aux tempes, laissaient son grand front ouvert, prêt à déposer juste là le dernier baiser. Le dernier baiser. Des amis poètes et non poètes. De la famille. Des intimes.
Et sa bouche, également sereine, tient ses lèvres pleines, charnues et sensuelles, légèrement entre ouvertes, comme pour attendre un doux baiser. Ou comme pour parler. Comme si Eric aurait voulu nous demander pardon de nous avoir laissé si jeune… Comme si…

*******

Eric,
Qui aurait pu penser que je viendrais te voir dans une chambre mortuaire ?
Comme tu es jeune et beau, mon ami !
Ton visage noble, presque livide, aux tempes couvertes par la neiges des années, donne à ton corps couvert par le linceul la même allure noble…

****

Eric est prêt à glisser dès maintenant dans un autre temps, étranger, non terrestre… 

Qui aurait pu le croire ?

 

Paris, le 13 juin 2018

 

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  1. Debus

    14 juin 2018 à 14 h 52 min

    Il aurait pu faire beau comme jamais
    un temps à rire et à courir mais surtout pas un temps à mourir.
    C’est un temps à n’y pas croire. Aragon
    Christiane Debus