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Et j’ai vu Eric…

13 Juin
Avec Eric Meyleuc, 2016

Il était une fois mon ami Eric…

 

Aujourd’hui, j’ai vu Eric.

Il faisait si froid, oh, combien froid !, autour de lui, hélas, dans le silence cruel, éternel, qui silenciait le jour en fin de cette après-midi de mercredi.
Il était étendu là, immobile, sur un podium. De son hauteur, la silhouette allongée de homme grand, mince, beau, avec de larges épaules, régnait la tranquillité de pierre de la pièce.
Le linceul blanc qui lui couvrait tout le corps, ne laissait visible que la tête.
Dans cette pièce de pierre froide, nous n’étions que nous deux, le froid, le blanc du linceul et le silence.


Je lui regardai tranquillement, longtemps, le visage qui semblait beaucoup plus jeune, digne, serein. On aurait dit qu’il dormait.
Ses yeux, grands et chaleureux une fois, fermés à jamais, avaient l’air d’être plus petits, sans les lunettes de tous les jours. Quelqu’un  les avait pris, sans doute, pour les mettre quelque part.
Les cheveux noirs, longs, tombant sur son dos, s’épanouissant brusquement aux tempes, laissaient son grand front ouvert, prêt à déposer juste là le dernier baiser. Le dernier baiser. Des amis poètes et non poètes. De la famille. Des intimes.
Et sa bouche, entièrement sereine, tient ses lèvres pleines, charnues et sensuelles, légèrement entre ouvertes, comme pour attendre un doux baiser. Ou comme pour parler. Comme si Eric aurait voulu nous demander pardon de nous avoir laissé si jeune… Comme si…

*******

Eric,
Qui aurait pu penser que je viendrais te voir dans une chambre mortuaire ?
Comme tu es jeune et beau, mon ami !
Ton visage noble, presque livide, aux tempes couvertes par la neiges des années, donne à ton corps couvert par le linceul la même allure noble de ton vivant…

****

Eric est prêt dès maintenant à glisser dans un autre temps, étranger, non terrestre… 

Qui aurait pu le croire ?

 

Paris, le 13 juin 2018

 

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  1. Debus

    14 juin 2018 à 14 h 52 min

    Il aurait pu faire beau comme jamais
    un temps à rire et à courir mais surtout pas un temps à mourir.
    C’est un temps à n’y pas croire. Aragon
    Christiane Debus

     
    • Marilena

      7 juillet 2018 à 12 h 19 min

      Je suis comme la rose du matin
      qui pleure sa rosée
      à la fraîcheur de l’aube
      frémissante et blême
      sur laquelle les paupières de la nuit
      laissent encore
      difficilement
      transparaître
      la promesse d’un jour éclatant
      à la faveur d’un soleil radieux et coquin
      qui s’amusera à éclabousser la rose
      encore humide
      pour la cuire
      en des reflets chatoyants
      d’un rouge délicieusement velouté.

      Années 90, Les Lilas
      Eric MEYLEUC, SUR LE CHEMIN DE MES PAS