RSS
 

Este gran hombre, Victor Jara…

06 Juil

Au Chili, justice, en fin, pour Victor Jara

 (28 septembre 1932, Lonquén – 16 septembre 1973, Santiago)

Elle court, elle court depuis deux jours, la bonne nouvelle portant sur la justice rendue à Victor Jara, 45 ans après qu’il a été arrêté, emprisonné et torturé à l’Estadio Chile (qui lui port à présent le nom), et assassiné à l’Estadio Nacional, avec de nombreuses autres victimes de la répression pinochetienne abattue sur le Chili le 11 septembre 1973 : les assassins de Victor Jara assument, en fin, leur erreur, leur culpabilité, leur crime.

Victor Jara était un troubadour qui souhaitait le mieux au monde pour les populations pauvres et très pauvres de Chili. Dans son cher Chili, 45 années, la justice a gagné ! Pour sa famille, pour ses amis, pour son peuple.

Les média en parlent, en France ou ailleurs : L’Humanitas, Libération, RFI, le Mondet, 7sur7.be, TV5 Monde, bolivarinfos.com, le-chiffon-rouge-morlaix.fr, ccma.cat/tv3 et bien d’autres blogs…

Te recuerdo, Victor Jara !

***

Remember ! Ėcoutons, célébrons Victor Jara et sa musique, son travail durant deux décennies !

Lo ùnico que tengo/ Singurul lucru pe care îl am/ La seule chose que j’ai/ The only thing I have/ L’unica cosa che ho ; le chant de la libérte, Canto libre, ou Vientos del Pueblo/ Ventes de la Cité ou Ojitos verdes/ Les yeux verts…

Sa voix livrait l’éternité au sein de l’Humanité… D’où, la mélodieuse Luchin.

Victor Jara faisait confiance à l’Homme… El hombre es un creador/ L’homme est un créateur…

Victor Jara est lui même, tout court, lorsqu’il chante la pauvreté des Chiliens ou de ses héros, comme dans la Zamba del Che.

Et on arrive à Preguntas por Puerto Montt (Questions sur Puerto Montt)…

Nous sommes le 9 mars 1969, 7 h précis…

Dans cette chanson – j’oserai dire, deux fois prophétique – Victor Jara interpelle l’administration chilienne, notamment le ministre de l’Intérieur, Edmoundo Pérez Zujovic, sur le massacre du 9 Mars 1969, à 7 heures du matin précis… Environ 90 familles des ouvriers agricoles, paysans sans terre et sans abri, occupaient depuis peu de temps le camp de Pampa Irigorin, à 3 km de Puerto Montt (port au sud de la Patagonie chilienne, région des Lacs). L’administration centrale (ministère de l’Intérieur) transmet l’ordre de la fusillade, du massacre, du désastre…

Et Victor Jara découvre une fois de plus sa mission : celle-là de réveiller le peuple par la chanson, de lui redonner la confiance, l’espoir, de lui donne une chemin : le chant comme mission socio-politique.

***

De 1970 à 1973, il peut créer. Son ami Salvadore Aliende a gagné les élections et le gouvernement veut créer un équilibre financier au niveau de pays et un abri pour chaque citoyen.

L’humanité, ô, l’humanité !, est divisé par une guerre froide sauvage, sanguinaire, répressive, partout dans le monde.

La nécessité de la mise en place des politiques sociales pour faire avancer le peuple chilien et le Chili, est mal vue par certains observateurs de l’extérieur du pays. La machine du complot assassin prend avantage à l’abri des ténèbres…

Le désastre arrive aux portes de Santiago ! Le 11 septembre 1973… Le putsch ! Pinochet fait plonger à nouveau cette ville et le Chili entier, dans la terreur, la torture, l’assassinat.

Claude Lévy, journaliste et défendeur chilien des droits des pauvres, dans son livre autobiographique « Prisonnier n°19 (Puerto Montt-Chili) », paru chez Leroy-Julier, en 1991, et dédié à ses 45.000 camarades massacrés par le régime pinochetien, raconte les deux ans de son incarcération (1973 – 1975) dans la prison de Puerto Montt, ainsi que la misère et les brutalités subissent par ses camarades dans la même prison…

Victor Jara, le doux chanteur est assassiné odieusement… Cruellement. Sauvagement. Le lendemain du puch. Il avait commencé un poème en musique qui est resté inachevé.

L’humanité est terrifié.

Mais, les pinochets n’ont pas réussi lui assassiner le chant, ni sa gloire, ni son aura de douceur, empathie, justice, solidarité.

Le monde des arts se solidarise, petit à petit, avec le drame de Victor Jara et du Chili, en fait. Le martyr Victor Jara devient pour tous le symbole des martyrs tombés sous les bottes de Pinochet. 

Des chanteurs, poètes, musiciens, paroliers, compositeurs de partout du monde, lui dédient des chansons ou chantent ses chansons.

D’abord, Julos Beaucarne, lui dédie Lettre à Kissinger, chanson parue sur l’album Chandeleur septante cinq, l’année suivante, en 1974 :

Ensuite, les chanteurs se réveillent l’un par l’un. D’avantage. Michel Bühler, Los de Nadau, Pierre Chêne, Christy Moore, Jean Ferrat, Carlos do Nascimento, Serge Utgé-Royo et bien d’autres. Les groupes, pareillement : Calexico, The Clash, Ska-P, Kambotes…

Te recuerdo, Victor Jara !

Ton pleuple arrive vivre plénier sa liberté !

Te amamos !

Paris, le 6 juillet 2018

 

 

 

 

Tags : , , , , , , ,

Réagissez