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Ernest Hemingway, Poèmes

12 Sep

Poèmes d’Ernest Hemingway

88 Poèmes, E. Hemingway

88 Poèmes, E. Hemingway

Désir (1)

 

Le désir et 

Toutes les douces pulsations lancinantes

Et toutes les délicieuses blessures

Qui étaient toi,

Ont ensemble disparu dans la nuit lugubre.

Maintenant quand je dors tu viens sans un sourire

T’étendre auprès de moi

Baïonnette froide, rigide et triste

Sur mon âme gonflée de larmes

Et palpitante.

Du recueil « 88 Poèmes », traduit de l’anglais par Roger Asselineau, Paris, Gallimard, 1984, 192 pages, coll. « Du monde entier », édité par Nicholas Gerogiannis

(1) Publié sous le titre : « Tué à Piave, le 8 juillet 1918 » (Source : Carnets de Poésie de Guess Who: Hemingway, Ernest)

La nuit s’en vient d’une aile douce et apaisante

 

La nuit s’en vient d’une aile douce et apaisante

Pour obscurcir le jour

Pour adoucir les lueurs dures,

Et pour amollir l’argile des corps

Avant la raideur de la mort

Pour nous demander de rester.

Du recueil « 88 Poèmes », traduit de l’anglais par Roger Asselineau, Paris, Gallimard, 1984, coll. « Du monde entier », édité par Nicholas Gerogiannis

 

Chronique

Hemingway a parfois – surtout dans sa jeunesse – éprouvé le besoin de s’exprimer en vers, dans des poèmes généralement très courts. Il se comporte alors comme un chat sauvage qui crache au visage de ceux qu’il déteste, qui grogne, menace, mais quelquefois aussi ronronne, lorsqu’on le caresse. On le voit ainsi passer au fil des ans de la colère à l’amour, mais il donne plus souvent dans la satire que dans le lyrisme et met plus volontiers à nu son irritabilité que sa sensibilité – une sensibilité qui tourne même à la sentimentalité, lorsqu’il s’adresse à Mary.

Aucune recherche formelle dans ces poèmes, qui vont du cri à la complainte et où il est clair que Hemingway a un prodigieux sens du rythme.

Hemingway a publié ces poèmes un peu au hasard, dans des petites revues le plus souvent. Certains sont même restés inédits. Il ne s’est jamais soucié de les réunir en un recueil. Ils valaient cependant la peine d’être rassemblés. Ils montrent un aspect insoupçonné du talent du grand romancier.

(Source : www.gallimard.fr)

 

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