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Efendi

30 Juin

Efendi

Une étrangère à Damas, de Ilzi

« Une étrangère à Damas » de Ilzi Sora. Adaptation et mise en scène par Marilena Lica-Masala, Pitesti, 2015

 

Efendi était là, dans ce coin de ma vie, tout au long de ces derniers dix moins. Mais, c’est juste il y a quelques jours que je me suis rendue compte qu’il existe.

Sa présence m’interpelle et donne brusquement une grande richesse spirituelle à notre voisinage, en train de se métamorphoser doucement en amitié.

De sa part semble un peu de plus, mais je ne l’encourage pas. Efendi doit être avant tout mon pote, comme tous les autres potes de mon quartier. Je lui donnerai le statut de camarade à moi. Je me sens mieux en sachant un homme de mon entourage en ami qu’en amoureux.

L’amour n’apporte rien de spécial dans nos vies. Des tempêtes, oui, sans doute, mais nous avons besoin d’harmonie, de paix pour que nous tous les habitants de ce coin du monde, puissions avancer.

Ah, non, je ne crois plus en amour. L’amitié et le devoir oui, me parlent toujours.

Efendi est si jeune… Jeune et mur dans sa tête. Il m’a invité fêter ensemble une soirée d’Iftar. Nous avons occupé tous les deux le patio d’un petit restaurant de notre quartier. Il m’a parlé de sa famille assez nombreuse, de sa mère et de son père, de ses sœurs, frères, beaux-frères, neveux.

Ce soir je lui ai reconnu la chevelure noire, sur une terrasse. Il était assis. Je me suis approchée et arrêtée juste une minute pour lui dire bonjour et changer quelques mots… Et puis, je suis rentrée heureuse…

Je me sentais heureuse sans un motif spécial. Sacher que mon Efendi était là, si proche, m’a rendu si heureuse toute au long de la soirée…

C’est vrai, pensant à mes potes, je suis très contente… Ils sont tous venus de loin, comme moi. Kabyles, Turcs, Marocains pour la plus part, et quelques Africains.

La diversité ethnique est l’une des richesses ainsi que des beautés de notre village parisien.

Efendi est là, lui aussi, à nos côté, branche enracinée dans les dalles de ce petit univers à nous tous.

Je l’ai adopté, comme j’ai adopté tout ce quartier. Chacun de nous a ses blessures, ses craintes, sa vie, ses espoirs, son style à vivre. Nous nous respectons tous, en toute discrétion, sans nous offenser. Nous vivons l’harmonie et la confiance. 

Notre quartier est l’un des plus calmes de Paris…

Je suis très fière que mon Efendi y lui apartient. Et très fière aussi, d’avoir fait sa connaissance.

Si fière que je l’aie surnommé « Efendi ». Nom qui me fut inspiré de son alluré sage de bey aux cheveux courts, noirs, et le regarde d’homme digne du savoir-écouter de ses aïeuls ottomans.

 

Paris, le 30 juin 2016

 

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  1. Victoria Fătu Nalaţiu

    1 juillet 2016 à 9 h 11 min

    Eşti grozavă !
    Mereu uimeşti cu tot ce scrii şi cu tot ce faci.

     
    • Marilena

      1 juillet 2016 à 12 h 02 min

      Multumesc, mult, Victoria draga!

      Mai exista si oameni buni si cinstiti pe pamântul acesta, nu doar din aceia needucati, mitomani si mitocani…
      În sàtucul meu parizian am vecini foarte buni, morali, vrednici, càrora le place sa munceasca si sà traiascà
      în pace si armonie cu toti ceilalti. Aici, în satucul meu, suntem tot atâtea natii câte avem în tzarà… Dar nu-i auzi vorbind urât, cum se aude pe la noi, si nici certareti nu sunt, cum mai cauta unii sfadà din te miri ce, de pe la noi…
      Pe curând,
      Cu mult drag,