RSS
 

Du centenaire de l’entrée du Royaume de Roumanie dans la Grande Guerre des Nations (1916 – 2016)

06 Jan

 De la France et du Royaume de Roumanie

au centenaire de leur combat de même côté,

lors de lGrande Guerre des Nations

 

Motto 

« Ils sont complètement fous ! Une guerre entre les Européens signifie la guerre civile – c’est la plus monumentale ânerie que le monde ait jamais faite  » 

Maréchal Louis-Hubert Lyautey (1)

(Source : Jacques ChastenetHistoire de la Troisième République)

 

En guise d’Avant propos

Les communautés des Roumains de partout du monde organisent de 2016 à 2019 des activités ayant pour but la célébration du centenaire de la participation du Royaume de Roumanie à la Grande Guerre (1916 – 1919).

Pourquoi cette guerre demeure sacrée aux cœurs des Roumains, 100 ans après, malgré le paiement d’un si incommensurable prix ?

Tout simplement parce qu’il s’agit de l’unique conjecture internationale qui a permis aux Roumains de se retrouver entre les frontières de leur ancien Royaume de Dacia… Car cette guerre des Nations a favorisé au 1er décembre 1918  suite aux plusieurs actions militaires de succès à la fois sur le front roumain, en octobre 1918, grâce à l’aide logistique de l’Entente et notamment de la France, par l’entremise de la mission Berthelot (2), ainsi qu’en Europe, parmi lesquelles je mentionne dans le contexte de ces quelques lignes, que l’Offensive des Cent-Jours des Alliés et la Campagne de quatorze jours du général d’Esperey (3) en Macédoine (la Bataille de Dobropolje, 14 – 15 septembre 1918)  la première union durable depuis l’antique Dacia de toutes les provinces historiques roumaines, au Royaume de Roumanie (La Petite Roumanie) : la Moldavie Orientale (Bessarabie), la Bucovine, la Transylvanie, le Maramures, la Crisana et le Banat sous le nom de Royaume de Roumanie la Grande (La Grande Roumanie), sous la règne du Roi Ferdinand 1er (4).

Ce rêve à tout Roumain depuis des siècles, qui nous a coûté la vie de 880.000 soldats ainsi que de 275.000 civiles roumains (5), sera démantelé malgré tout, deux décennies plus tard, plus précisément en 1940… Mais, ce sujet appartient déjà à la Deuxième Guerre mondiale…   

 

Deux journaux intimes,

deux sources inédites qui témoignent sur la mission Berthelot en Roumanie 

  • le « Journal intime » du général Berthelot (6). Ce magnifique héros de la Première Guerre mondiale en Roumanie est l’auteur d’un journal intime tenu religieusement lors de sa mission, de 1916 à 1919, qui demeure, à notre modeste connaissance, en manuscrit chez les héritiers de son frère. Nous avons « touché » ce témoignage sacré… De la version adapté en français par son petit-neveu, qui signe cette première démarche littéraire de sa carrière artistique, pour rendre hommage à son oncle et à ses aïeuls sous le surnom de plume Francis B. d’Azay, nous avons traduit en roumain des extraits, qui sont parus dans la presse littéraire de Roumanie en 2014.
  • Marcel Fontaine, « Avec la mission du général Berthelot », préface de N. Serban, exemplaire déposé à la Bibliothèque de Bordeaux le 2 décembre 1936. Il s’agit du journal intime de Marcel Fontaine (7), membre de la mission du Conseil Technique de l’Armée Roumaine pour la formation de ses cadres (Mission Berthelot), de 1916 à 1918. 

 

 

 

Paris, le 6 janvier 2016

Notes :

(1) Louis-Hubert LYAUTEY (1854 – 1934), maréchal. Membre de l’Académie française (1912). Maréchal de France. Résident général de France au Maroc (1912 – 1925). Ministre français. Grand officier de la Légion d’honneur. Ordre de l’Ouissam alaouite chérifien.

(2) Mission Berthelot (1916 – 1919): la mission au but militaire de la France envoyée dans le Royaume de Roumanie, suite à l’entrée de ce dernier en guerre à côté de l’Entente (La Triple-Entente, coalition formée au début entre la France, le Royaume-Uni et l’Empire Russe), le 27 août 1916 et contre la Triplice (les Empires Centraux, coalition constituée de l’Empire Allemand, l’Empire Autrice-Hongrie, l’Empire Ottoman et du Royaume de Bulgarie). La mission, composée de 430 officiers ainsi que de 1 500 sous-officiers et soldats, a eu à sa tête le général Henri Berthelot nommé à ce poste le 4 octobre 1916. 

(3) Louis-Franchet d’ESPEREY (1856 – 1942), maréchal. Membre de l’Académie française (1934). Maréchal de France (1921). Grand-croix de la Légion d’honneur. Croix de guerre 1914-1918.  

(4) Ferdinand 1er (1865, à Sigmaringen – 1927, à Sinaia), roi de Roumanie de 1914 à 1927. Fils du frère du Roi Carol 1er de Roumanie, le Prince Léopold Hohenzollern-Sigmaringen, et de la Princesse Antonia de Portugal, il a été désigné prince héritier du trône roumain par son oncle.     

(5) A consulter à ce sujet la page Wikipédia https://ro.wikipedia.org/wiki/Primul_R%C4%83zboi_Mondial

(6). Henri Mathias BERTHELOT (1861 – 1931), général. Membre étranger de l’Académie roumaine. Citoyen d’honneur de la Roumanie. Grand-croix de la Légion d’honneur. Croix de guerre 1914-1918.  Pour ses mérites  et sa loyauté au Royaume de Roumanie, le Roi Ferdinand 1er et la Reine Marie de Roumanie lui ont donné une propriété dans le village Fărcădin et une Palme de reconnaissance qui se trouve actuellement à l’église du village. A son tour, le Général, élu membre étranger de l’Académie roumaine, a cédé sa dote à l’académie pour lui permettre de subventionner les bourses d’études des Roumains en France. Parmi les bénéficiaire de cette bourse nous avons retrouvé le nom de Vladimir Streinu, critique littéraire et poète né dans mon village, Teiu, lors des travaux du colloque organisé en mai 2015 à Teiu, en présence de Madame Ileana Iordache-Streinu, la fille de l’homme des Lettres, et de Monsieur Eugen Simion, ex-président de l’Académie roumaine. Le général Berthelot est l’auteur d’un Journal intime tenu de 1916 à 1919 qui demeure en manuscrit dans la bibliothèque des héritiers de son frère.  

(7). Marcel Fontaine (né à Auxerre, département de l’Yonne – décédé en 1970), professeur. Membre de la mission du Conseil Technique de l’Armée Roumaine pour la formation de ses cadres (Mission Berthelot), de 1916 à 1918. De 1919 à 1948, son destin renoue avec la jeune prospéré Roumanie. Il réagit auprès de la Mission de l’Éducation Nationale en Olténie. Professeur au lycée français de Bucarest, il fut expulsé en 1948 par la nouvelle administration pro soviétique y installée après le fatidique 23 août 1944. Une fois arrivé en France, il dénonce tout d’abord sur la Radio Libre depuis Paris, ensuite depuis Zurich, les atrocités commises en Roumanie contre les résistants de l’occupation soviétique et les défendeurs des valeurs roumaines. Soumit au chantage par les autorités de Bucarest, il ne cesse pas ses chroniques. Les autorités de Bucarest vont ordonner l’arrestation massive et l’emprisonnement dur de ses anciennes collègues et élèves au lycée français de Bucarest, parmi lesquelles Micaela Ghitescu. Pour rendre hommage à son ancien professeur, Micaela Ghitescu a traduit en roumain le livre de Marcel Fontaine, à la demande des éditions Humanitas de Bucarest.   

 

 

Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Réagissez