RSS
 

De ma poésie…

08 Mar
Bon anniversaire à vous, Mesdames !

Bon anniversaire à vous, Mesdames !

Bon anniversaire à vous, Mesdames !

Bon anniversaire à vous, Mesdames !

Je suis née pour partager l’amour, et non la haine…
(Sofocle, Antigone)

A ma mère  

A mon village

A toute femme

A tous ceux qui ont su lire mon âme…

 

Lulli de Teiu et sa poésie, Taferka, le 6 mars 2016

Vidéo (extrait) réalisée par Jean-Paul Abulker, à l’espace Taferka, Montreuil, le 6 mars 2016

 

 

Paroles :

Ô, mère

Me souviens, mère, l’ambroisie caressante de votre main,

Ilot de vertu revêtu de votre zèle nommé « mes teïens ».

Mânes de mes ancêtres ! Célébrez son oblation céleste,

Icône auguste dans le sanctuaire éternel des printemps.

Mon village

Tango du saule pleureur aux berges de Mozacu,

Eloge de blé doré à Sarmizegetusa, l’Antique,

 Ivresse mythique des tilleuls en fleuraison,

Urne gardienne de la sueur féconde de mes aïeuls !

Lèvres

Lèvres

Lèvres qui se cherchent,

Lèvres qui s’embrassent.

Lèvres craintives,

Lèvres pensives,

Lèvres porteuses de sagesse,

Lèvres de saphir,

Lèvres safari,

Lèvres.

Lèvres nomades,

Lèvres qui traversent

Les ponts du monde

Lèvres

Caressant

Le temps coulant

Lèvres déclamant

Les poèmes du monde,

Lèvres assoiffées d’homme,

Lèvres affamées de femme,

Lèvres qui s’embrassent,

Lèvres qui se cherchent

Lèvres…

Fleur d’une nuit

Tendre parfum

De petite fleur blanche,

Ephéméride ouverte

Dans la seule nuit

Des noces de Sebaou[1],

Persiste encor sculpté

Dans mon cœur esseulé…

[1] Sebaou : rivière en Kabylie, Algérie.

Départ

         À l’arrivée du jour,

            Je quitterai l’unicité

            Du jardin enchanteur

            Fleurit à l’abri

            De la solitude étoilée

            De l’âme si tard trouvée.

            À l’éveil du soleil,

            Je m’éloignerai affolée

            De la romance tamazight

            Qui sut enchaîner toute une nuit

            L’errance de mon esprit.

            Je te quitte, je m’éloigne,

            Et le djinn du regret

            Fait saigner le vent…

* Départ : en kabyle, akunser.

Minuit à Lavfry

A Matoub Lounès

J’amarrais à minuit

L’acewiq n ṭayri w[1]

Au petit donjon songeur

De la maison blanche

De Lavfry.

Et l’ajuaq[2] nouait

Au blason de mon front

Le beau aggenur[3]

Aux A y ahlili[4] du rossignol…

Je quittais à l’aube,

Cœur brisé, ancre à la dérive,

L’île de l’éphémère paradis

Aux murmures du vitrail polymorphe…

Tu es resté, je suis partie,

La Seine seule pleura cette nuit

Au trille mélodieux du rossignol

Prenant son envol rituel vers Irhallen[5],

Loin de mon donjon luisant

Où frémit encor ardent

L’écho de l’amour errant…

Tu es resté, je suis partie,

Cœur à la dérive.

Doux chant de rossignol,

Oublie ton vol rituel,

Ne me laisse pas rêver,

Toute seule, au seuil de l’automne !

Reviens-moi, à minuit,

Au donjon abandonné à Lavfry,

Je t’aime, Hemmla-gh k, Te iubesc, Te amo, Na lingui yo,

Ich liebe dich, Я люблю тевю, Ti amo, I love you,

Ես քեզ սիրում եմ, 我爱你,

  אני אוהב אותך أنا أحبك !

[1] Acewiq n ṭayri w (< kabyle): Le chant de mon amour. Acewiq: chant interprété par les femmes ; ayri: amour.

[2] Ajouak (flûte) : c’est l’instrument de la solitude, utilisé généralement par les bergers ; il est par excellence l’instrument des poètes mystiques.

[3] Aggenur : châle pour couvrir la tête, porté par les femmes au sud algérien.

[4] A y ahlili : titre d’une chanson de Matoub Lounès (1956-1998), chanteur et poète kabyle engagé dans la revendication identitaire berbère.

[5] Irhallen : centre universitaire de Kabylie d’où est partie la revendication identitaire berbère en Algérie.

 

Mise en ligne à Paris, le 8 mars 2016

 

 

Tags : , , , , , , , ,

Réagissez

 

 
  1. Victoria Fătu Nalaţi

    9 mars 2016 à 18 h 49 min

    Poezii frumoase…

     
    • Marilena

      9 mars 2016 à 18 h 52 min

      Multumiri, Victoria!