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De la Fleuvitude – interview avec l’écrivain Aimé EYENGUE (6)

09 Juil

(6)

"Par les temps qui courent", traité poétique d'Aimé Eyengué

« Par les temps qui courent », traité poétique d’Aimé Eyengué

Est-ce que l’anthologie bilingue, français-roumain, « Du Congo au Danube », a pu apporter sa graine au mouvement de la Fleuvitude, lorsqu’il se trouvait en germe ? Est-ce que cet ouvrage se retrouve parmi les sources qui vous ont inspiré la « pierre philosoph

ale » de l’intitulé « Fleuvitude » ?

– A priori non, dans une considération stricto sensus ; mais, a posteriori, la réponse peut être nuancée, du seul fait que cette anthologie de 2011 consacrant, dans un voyage de l’esprit, l’union ou la jonction d’auteurs originaires des deux fleuves éponymes, le premier étant d’Afrique et l’autre d’Europe, tout comme toutes les autres dynamiques et évocations littéraires ayant trait aux fleuves, notamment au fleuve Congo, ont existé avant l’élaboration du concept même de la Fleuvitude, qui n’a vu le jour officiellement que dans la publication, je le rappelle, de notre ouvrage Par les temps qui courent… en 2015.

D’ailleurs, vous avez eu l’ingéniosité d’esprit de faire observer dans vos questions l’aspect selon lequel la Fleuvitude, comme réalité intrinsèque, a toujours été présente, voire « omniprésente, dans le vécu de chacun de nous ; mais, jamais personne n’a pensé à lui donner un intitulé ou un contenant avant » ; donc avant l’année 2015.

Concrètement, c’est la célébration des soixante ans de la Littérature congolaise, datant de 2013, qui a fait germer dans mon esprit le concept de Fleuvitude, chemin faisant ; c’est notamment la forte impression que le premier livre congolais, Cœur d’Aryenne, de Jean Malonga, premier écrivain congolais du reste, a laissé dans ma conception de la vie en société, par sa forte évocation du fleuve et de la solidarité tout en dénonçant le racisme et les injustices entre les humains ; ensuite vient, dans l’ordre d’apparition et de pertinence, l’extension que j’en ai faite avec le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, qui évoque également avec une puissance inouïe le fleuve Congo tout en dénonçant les injustices et le racisme et en défendant les opprimés, alors que Césaire lui-même, à ma connaissance, n’a jamais été en face du fleuve Congo physiquement (du moins, au moment où il publie son livre, du haut de ses 26 ans d’âge sur terre) ; il y a aussi le livre Ngando publié en 1948 par Lomami Tshibamba, écrivain originaire de la rive gauche du Fleuve Congo tandis que Jean Malonga était de la rive droite du Fleuve Congo.

La Fleuvitude tire donc sa source de la considération du Fleuve Congo, tel qu’évoqué par ces trois auteurs noirs. Mais, je peux extrapoler, et dire que tous les livres ayant évoqué le Fleuve Congo avant l’émergence du concept de la Fleuvitude sont parmi les sources, que dis-je, les affluents, les ancêtres proches, à l’origine de la Fleuvitude. En fait, le Fleuve Congo a une place tellement prépondérante dans le discours littéraire des écrivains originaires du Congo que ce n’est quasiment pas étonnant que le concept de la Fleuvitude ait émergé de là. N’oublions pas que le Fleuve Congo est le Fleuve le plus profond sur Terre, et que cela est aussi scientifiquement  prouvé ; pourtant, avec la Fleuvitude, nous combattons les complexes de supériorité et prônons l’équilibre sur Terre, quand bien même nous aurions des motifs de nous glorifier un tant soit peu ou de nous vanter d’avoir ce fleuve chez nous au Congo.

Quel sera le « flot » suivant, le pas suivant de la Fleuvitude ?

– Le Fleuve étant imprévisible, tout dépendra de son aura sur le long cours du lot de nos jours qui vont suivre ses flots d’eaux.

Dans le prévu, le pas suivant, ce sera en fait la Rentrée de la Fleuvitude en France ; qui se fera au mois de Septembre 2016, en région parisienne. D’abord, avec la présentation de la Fleuvitude au Salon du livre de L’Haÿ-les-Roses ; ensuite, avec une Soirée Poétique sur la Fleuvitude, toujours en région parisienne, dans une Médiathèque de Seine-et-Marne.

Et, jamais deux sans trois, il se tiendra bien évidement le premier Congrès International de la Fleuvitude, prévu précisément du 2 au 4 novembre 2016 à Bangui (République centrafricaine), ouvert à toutes les sensibilités culturelles. Cet Agenda de la Fleuvitude est  d’ailleurs disponible sur tous les réseaux sociaux.

– Quels sont vos projets littéraires dans un futur proche ?

– Vous savez : Quand le passé arrête d’éclairer le présent, l’avenir devient sombre : alors, carpe diem, nous pouvons bien nous contenter pour le moment de nos publications antérieures, dont l’Anthologie des Soixante ans de la Littérature Congolaise, ou encore Par les temps qui courent…, qui représentent le bassin de la Fleuvitude ; pour que le futur soit éclairé (sourire).

Bref : Mon projet littéraire ? c’est le Futur même (sourire)… car, c’est le Futur qui aura le dernier mot. Et si, dans sa générosité, ma foi, il me le donne, ce dernier mot, je pourrais alors publier encore de la Fleuvitude, dans un futur immédiat, de surcroît aux éditions de La Fleuvitude ! (sourire) : avec un recueil de poème intitulé L’Appel du Fleuve ; puis, un autre ; puis, un autre encore… dans un futur proche (sourire).

Comme le fleuve, je considère que la Fleuvitude est l’avenir de l’Humanité. Voilà. (Sourire)…

Je crois avoir répondu à vos questions… du moins, comme je les ai comprises.

 (fin)

 

Propos recueillis par Marilena Lica-Masala

Poète, prosateur, traducteur, interprète d’origine roumaine,

Présidente de l’association LAM de FRANCE (Les Arts Mètis de France)

 

Paris, le 6 juillet 2016

Mise en ligne le 9 juillet 2016

Aimé Eyengué : Ecrivain, Docteur en Sciences sociales et diplômé en Sciences Politiques, Spécialiste en Modes de vie ; il s’intéresse à l’action politique et ses incidences sur le devenir des nations et l’action des peuples sur le devenir de l’action politique. Initiateur de la célébration des 60 ans de la littérature congolaise (1953-2013), du Salon du livre de Brazzaville depuis 2013 et du Concept de la Fleuvitude, il est auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Conseiller du Prince, pour un Prince de la Paix (2009) et l’Anthologie des 60 ans de la Littérature congolaise – Noces de diamant (2015).

 

 

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