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De la Fleuvitude – interview avec l’écrivain Aimé EYENGUE (1)

07 Juil

De la Fleuvitude

– interview avec l’écrivain Aimé EYENGUE –

(première partie)

Avec Liss Kihindou et Aimé Eyengué, à la Conférence sur la Fleuvitude, Paris 2016

Avec Liss Kihindou et Aimé Eyengué, à la Conférence sur la Fleuvitude, Paris le 11 juin 2016

Docteur en Sciences sociales et diplômé en Sciences Politiques, Aimé Eyengué est Spécialiste en Modes de vie ; il s’intéresse à l’action politique et ses incidences sur le devenir des nations et l’action des peuples sur le devenir de l’action politique. Initiateur de la célébration des 60 ans de la littérature congolaise (1953-2013), du Salon du livre de Brazzaville depuis 2013 et du Concept de la Fleuvitude, il est auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Conseiller du Prince, pour un Prince de la Paix (2009) et l’Anthologie des 60 ans de la Littérature congolaise – Noces de diamant (2015).

Au Stand Bassin du Congo, Le Marché de la Poésie, le 9 juin 2016

Au Stand Bassin du Congo, Le Marché de la Poésie, le 9 juin 2016

Monsieur Aimé Eyengué, je vous remercie d’avoir accepté de nous recevoir et de nous accorder cette interview. Quelques mots sur votre parcours biographique, universitaire, littéraire, pour que nos lecteurs puissent mieux vous connaître.

– C’est moi qui vous remercie de l’intérêt que vous avez porté à mon ouvrage de passionné du livre et des mots qui se mettent, comme le fleuve, au service des autres.

Je voudrais simplement me présenter comme étant natif de Brazzaville (au Congo) ; Brazzaville (un nom qui vient de Brazza, nom d’un explorateur français d’origine italienne), dont le nom ancestral est Mfaa (ou, Mfoa, par l’écriture) ; Fleuvitude oblige : c’est le nom d’une rivière qui existe toujours et qui se jette sur le Fleuve Congo ; donc, on y fait le rapprochement, source, rivière, fleuve, mer et homme…

En tout cas, mon univers culturel, qui baigne entre les mots Justice et Liberté, oriente mes diverses observations et publications sur l’Homme, son histoire, sa vie en société et son devenir : ce qui m’incite donc à m’intéresser perpétuellement à l’action des êtres humains et leurs incidences sur l’environnement qui les entoure, ainsi que l’influence de leur environnement sur leurs actions diverses. J’essaie, en tout cas, de le faire, à la fois, sur le plan littéraire (en poèmes ou en roman) et sur le plan universitaire (en recherches, chroniques ou essais) ; mes publications servent donc à soumettre mes trouvailles à toutes les sensibilités culturelles, comme c’est le cas avec la Fleuvitude aujourd’hui.

 – Justement, parlons de la Fleuvitude, comme vous venez de l’évoquer… Vous êtes le père-fondateur de ce mouvement. Comment êtes-vous arrivé à extraire cette nouvelle notion – qui nous touche et concerne nous tous – de son omniprésence qui demeurait anonyme, malgré son âge millénaire, malgré son accessibilité, sa visibilité ? Elle était là, dans l’actualité de chacun de nous, mais, avant vous, personne ne l’a saisie.

– Vous avez raison de dire que la Fleuvitude a toujours été omniprésente dans la réalité et le vécu de chacun de nous mais que jamais personne n’a pensé à formuler un concept à partir de cette réalité : il fallait bien que quelqu’un osât, non ? (Sourire). Et c’est tomber sur moi… Donc, outre le fait que j’ai défini la Fleuvitude comme étant le retour aux sources, je considère la Fleuvitude comme étant un courant de pensées universelles ; ‘‘pensées universelles’’, parce que nous pensons tous ‘‘sources’’, ‘‘fleuves’’, ‘‘rivières’’ ou ‘‘mer’’, dans la perspective du ‘‘voyage’’, du ‘‘retour aux sources’’, des souvenirs ou de ‘‘la mémoire’’ (notamment dans les voyages réels ou de l’esprit dans l’entreprise de reconstitution de nos arbres généalogiques)… Nous n’écrivons pas tous des livres, pourtant cela n’empêche pas que nos brins d’histoires de vie ne se retrouvent tout bonnement dans le récit ou le roman de quelque écrivain naturaliste ou réaliste ayant vécu avant nous ou étant notre contemporain ; nous partageons la même histoire avec lui peut-être, mais cela ne fait pas de nous tous écrivains de son livre pour autant… Donc, je n’ai pas conçu la Fleuvitude que pour moi-même ; et cela se voit d’ailleurs : le fait que vous avez eu l’amabilité de venir me questionner à propos en est bien une preuve… Non ? (sourire). Merci encore pour votre démarche, qui atteste de votre ouverture d’esprit, qui illustre bien la Fleuvitude.

Je venais de vous dire que je fais très attention aux mots : et, c’est de là que débute, en grande partie, les interrogations qui orientent mes trouvailles et leur publication au service des autres. Tenez : les expressions comme ‘‘long fleuve tranquille’’, ‘‘rafraîchir la mémoire’’, ‘‘premiers jets’’ ou ‘‘la source de l’information’’…, vous parlent bien, je me doute : eh ben, elles ont toutes une relation directe avec le Fleuve (ou l’eau) qui s’est imposé sur mon intellection ; donc, sur la logique même de la Fleuvitude et sa prétention à l’universalité. Le mouvement de la Fleuvitude est, à mon entendement, la civilisation de l’Universel que Senghor, fort de son inspiration de l’Allemand Frobenius et des pensées humanistes, appelait de ses vœux.

Cela dit, il y a un début à tout : il fallait bien que quelqu’un trouve, un jour, un mot pour nommer toute cette réalité, non ? Si ce n’était pas moi, cela aurait bien été quelqu’un d’autre… mais ça allait toujours finir par arriver un jour, au fil de l’eau comme au fil du travail, dans le silence des écoulements d’eaux fluviatiles comme dans le silence et la solitude de l’inspiration au bout d’une plume. Maintenant, c’est fait. (Rire et Silence)…

(à suivre)

Propos recueillis par Marilena Lica-Masala

Poète, prosateur, traducteur, blogueur d’origine roumaine,

Présidente de l’association LAM de FRANCE (Les Arts Mètis de France)

Paris, le 6 juillet 2016

Mise en ligne le 7 juillet 2016

 

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  1. Victoria Fătu Nalaţiu

    7 juillet 2016 à 19 h 56 min

    Felicitări !

     
    • Marilena

      7 juillet 2016 à 22 h 22 min

      Multumim, Victoria draga! Îi voi transmité lui Aimé gândul tau frumos si bun!

      Am împartit interviul cu el pe sectiuni, pentru a putea fi consultat pe îndelete…

      Ma bucur sa particip la nasterea unui noi miscari literare, Fluvitudine, si sa fi avut acest
      nebanuit noroc de a ma împrieteni cu autorul s&u, si de a ne stima reciproc, cu ce va timp înainte
      ca inovatia lui sa devina un bun mondial… (surâs)…

      Acestea sunt clipele ce ma fac fericita, cu adevarat!

      Numai bine!
      Cu toata dragostea,