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Cauchemar au clair de la lune…

27 Fév

– Madame, madame…

Moi, Enghien-les-Bains, septembre 2014

Acheminant pour la première fois vers la Radio Enghien, ayant pour guide le poète Joël Conte, Enghien-les-Bains, septembre 2014

Stupéfiée, incapable de comprendre où se trouve et qu’est-ce que lui arrive, la femme se réveilla en écoutant les frappes venant de sa porte. Sa mémoire retrouve posément ses repères… Oui, elle était dans le lit d’un petit d’hôtel du 17e arrondissement parisien. Qui frappait à sa porte ? Elle n’attendait personne et puis les visites n’y sont permisses ni dans la journée, pour des raisons de sécurité. Un ami ? Mais, nul ne connaissait son adresse.

Regardant la montre de son portable, elle se demandait sur l’identité de l’homme qui venait de lui faire une si belle surprise… Frapper à sa porte… Un geste si romantique… Quel bonheur de savoir que dans sa solitude, il y a quelqu’un qui pense vraiment à elle… Ce n’est pas la meilleure heure de faire des surprises, mais un être attendait, semble-t-il, devant sa porte.

Regarda dehors, par la petite fenêtre clouée côté une minuscule courte intérieure. La lune trônait cependant l’heure de la nuit mûre, assez calme, profonde…

– Madame, madame, insistait la voix de l’homme, devant sa porte.

Elle alluma la veilleuse et alla doucement vers la porte.

– C’est qui s’il vous plaît ?

– C’est Taher, votre voisin. Tout va bien pour vous, Madame ?

La femme ouvra la porte et regarda confuse l’homme. C’était bien Taher, le voisin kabyle qui habitait la deuxième chambre de son palier.

– Excusez-moi… Vos gémissements m’ont réveillé… Vous avez crié… En plein nuit… Je me suis inquiété pour vous…

La femme regarda l’homme longuement… Oui, elle a eu vraiment un sommeil peuplé des images douloureuses, oubliés depuis longtemps… 

– Je vous remercie, Taher, lui dit, d’un petite voix. Désolée de vous avoir perturbé le sommeil… J’ai rêvé de mon père mourant… Maintenant c’est bon. Merci encore, Taher, merci, lui répéta la femme, ne pas trouvant autre chose d’intelligent à lui dire, tandis que son voisin se retira discrètement vers sa chambre.

Ferma la porte à la clé. La mort de mon père, la mort de sa mère… Comment oublier ces séparations à jamais ? Au coin sacré crée dans son temple de précarité, la femme allumait tous les samedi et les dimanches matins  des petites chandelles à leur mémoire.

Se dirigeant vers son lit, éteignit la veilleuse et glissa doucement dans les drapes froides. La reine de la nuit brilla au delà de la fenêtre si neutre, si petite, si 19e siècle.  

Combien aimait son père le ciel, la lune, la nature…

Paris, le 27 février 2016

 

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