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Ma dernière lettre au dernier des Casanova(s)…

30 Août

Motto :

Vivez en sérénité vos jours, vos amours, vos amitiés.

Là où c’est la sérénité qui règne les pensées, c’est bien la paix sociale qui s’installe.

Là où c’est le mensonge, la lâcheté, la promiscuité qui s’installent,

il n’y a plus rien pour régner que le marais.  

AVERTISSEMENT

Prière de ne pas prendre pour lamentations ces lignes… Je n’ai jamais aimé me prendre pour victime… Il s’agit plus tôt des exercices de révélation portant sur l’ensemble du vécu (émotions, enthousiasme, déception) à travers la séparation d’un couple mûr…

J’ai pris le plaisir d’essayer analyser la conduite évasive et irresponsable d’un homme de l’élite française, à ses 65 ans, face à ses propres mots…

Ces lignes-ci représentent des modestes esquisses sans aucune valeur littéraire, une base pour des futurs essais, peut-être, un jour.

Ces mots représentent ma dernière lettre à mon m’Amour métamorphosé en Casanova pour un fantasme, pour une chimère… 

Ma dernière lettre au dernier des Casanova(s)…

(extrait)

Je ne pouvais pas m’imaginer, ces jours-là, qu’il m’attendait de ta part la plus mauvaise nouvelle de mes derniers dix ans…

J’écrivais une fois, dans mon essai dramatique l’Assassinat d’une décennie d’amour, qu’à tous les 10 ans il m’arrive quelque chose d’inattendu… Et voici, encore une fois, cet intervalle de temps qui me suit, par tout dans le monde…

Un cadeau fait en fait par ton côté Casanova – éternel collectionneur d’une autre fiancée – qui jurait sur sa tête, sur sa vie, sur son honneur, sur les tombeaux des ancêtres de sa famille glorieuse, ses louanges amoureuses à vie, pour mes mérites, pour ma beauté, pour ma féminité, pour ta « si jolie Princesse »…

Tu m’aimais… Mais, tu n’as point voulu comprendre que mon travail m’est plus cher que les fiançailles ou le mariage.

Tu m’aimais… Mais, tu aurais voulu que j’abandonne mon travail depuis une vie, pour te suivre chez toi ? Me sédentariser, moi ?

Tu m’aimais… Mais, ton amour était l’amour d’un homme possessif, pas celui-là d’un artiste…

Tu m’aimais… Mais, tu n’avais pas un projet de vie pour moi ; tu vivais dans ton imaginaire ton ancien modèle de couple, expérimenté avec tes ex-amours, ton lit de Procuste qui ne me venait pas du tout bien. Tu voulais nous faire une vie commune… Mais, nous avions eu une vie commune… Que peut être plus de commun que mes propres démarches pour organiser tes conférences Le centenaire de la mission B., dans mon pays ?  

Tu m’aimais… Mais durant toute une année tu n’as pas du tout changé, pour t’approcher de mon idéal d’homme.

Tu étais depuis plus d’une année dans ma vie, mais tu continuais d’être ailleurs. Tu étais depuis plus d’une année dans ma vie, mais tu continuais d’être égoïste, radin. Tu étais depuis plus d’une année dans ma vie, mais tu continuais de faire le jaloux. Tu étais depuis plus d’une année dans ma vie, mais tu continuais de réfléchir avec le sexe et non pas avec le cerveau. Tu étais depuis plus d’une année dans ma vie, mais tu continuais de déclamer ton amour, sans porter preuve… Tu étais depuis plus d’une année dans ma vie mais tu fus incapable de venir me voir dans mon pays, pour que nous retournions ensemble en France…

Voilà pourquoi je préfère garder auprès de moi mes vrais amis, et non pas un petit amoureux comme toi, perdu dans l’histoire du temps.

Je suis pour mes amis tout d’abord l’écrivain, l’artiste ; ils aiment mon écriture, mes projets, mon travail, pas la femme. Toi, l’amoureux à vie de moi, tu aimais la femme, en ignorant juste ce côté artistique à moi. J’ignore à mon tour que tu as oublié un seul jour tes propres mots, tes propres sentiments, tes propres promesses. 

Mes amis ne fatiguent pas, ne changent point… Je peux les trouver à tout moment ici, à mes côtés !   

Tu étais là, dans ma vie, mais pour rien. C’est très bien que tu es parti. Tu pouvais sortir de notre vie comme un Roi ! Tu es sorti en homme banal. Bon, c’est ton choix. Mais, cette façon à toi de sortir d’une manière si brutale de notre relation, va rester entre nous, à vie. C’est vraiment dommage. Tu n’as pas appris jusqu’à tes 65 ans qu’il est préférable de rester en bons termes avec les femmes de ta vie, que de semer des tempêtes.  A mon avis, tu as choisi la promiscuité… C’est très difficile pour un homme confus dans sa tête et dans son coeur, à distinguer les bons des mauvaises désirs, à distinguer une écrivain, une amie, une fiancée, une compagne de voyage culturel ou d’affaire, du besoin d’une aventure érotique. C’est ta nature d’homme… Il te sera toujours impossible de protéger l’image de l’amour contre son ennemi naturel, le mensonge…  

L’artiste que tu es, a pas mal de sensibilité. Mais l’artiste intérieur a oublié faire évoluer l’homme que tu es. L’un de plus important critiques littéraires de mon pays disait une fois : « Analysez la manière dont un homme contemporaine se sépare de sa femme et vous aurez devant vous le Pithécanthrope ».    

Heureusement, ma nature de Princesse Gâtée [1] m’a sauvé au temps – Inch Allah ! Dieux, merci ! –  d’un mariage prédestiné à l’échec… Je suis très contente de m’avoir eu auto-exilé dans mon pays, en attendant un signe de changement de ta parte. Le changement est venu : tu as changé de route. Bonne route ! 

Je te remercie, infiniment, car, malgré le fait que je n’étais pas heureuse avec toi, je n’aurais pas eu le coeur de t’abandonner.

Et je reprends une formule d’une autre lettre : toi, le petit neveu d’un générale glorieux de la glorieuse France de la Première Guerre mondiale, es parti de ma vie habillé en le plus noire déshonneur qu’un déserteur…

Spectacle terminé ! Demain, je retrouverai mon sourire habituel… Demain, au Levant, je partirai à la recherche de mon Levant… 

« Adieu, mon amoureux » ! Sois heureux !

Ne me cherche pas ! Je ne retournerai jamais au Jardin des Saphirs.

P.S. Les aspects administratifs de notre séparation seront réglés par l’intermédiaire de ta soeur et de tes parents. 

De ton retour de « La Forêt des Livres », tu trouveras ci-dessous, une très belle romance roumaine, Ma dernière lettre, chantée par une grande chanteuse, Ioana Radu. Bon écoute !

Pitesti, dimanche le 30 août 2015

NOTE

[1]. Dans les contés de fées, la Princesse Gâtée mettait son potentiel futur époux aux épreuves les plus inattendus, juste pour tester son intelligence, sa fidélité, son courage, sa persévérance, sa témérité, sa loyauté…

 

 

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