RSS
 

Amirul Arham, Poèmes en français

23 Juil
Asemic par Lina Stern, 2018

Asemic par Lina Stern, Ukraine, 2018

En prison la lune

 

 

Ils sont deux, fille et garçon, par la fenêtre dans deux tours

observent à la dérobée les étoiles du ciel la pleine lune 

et du charbon pour l’électricité sur le corps de la lune les traits noirs 

manquant d’air les tigres sautent sur la terre n’importe quand 

dans l’ombre ardente de la forêt profonde la lune son visage brûlé ses yeux mi-clos 

le poison de la terre emplit le ciel d’ozone 

 

Arbre coupé sans abri le hibou nocturne son bec a pris la lune 

et dans l’épais brouillard triste l’a enfermée dans la prison de Rampal

dans la forêt profonde perdus un arbre d’une grande sagesse et le sable de la mer 

les gratte-ciel les terrasses touchent le ciel face à l’obscurité profonde de la nuit 

 

Avant la grande fête où on pourra acheter la mer les fleuves et la montagne et le ciel 

chacun prépare son étal pour posséder le marché 

la terre aura rempli la poubelle la ville s’envolera très haut 

la ville tour après tour sous le lustre suspendu des étoiles et de la lune 

 

Traduit du bengali par Marc Verhaverbeke et Amirul Arham

 

Version en roumain :

Amirul Arhan, Ferecată luna

Cherchant le mot

Où l’ai-je perdu ce mot que je cherche 

c’était en bengali, maintenant peut-être qu’il existe quelque part mais 

là, un mari ligoté sa femme violée par un ou plusieurs hommes 

le cri perçant du mari venant heurter le tympan de leur oreille ils ne le supportent pas deux balles lui font un bouquet dans la poitrine

un frère sa sœur nue violée tuée devant ses yeux 

sur la poitrine d’un père le protégeant un enfant vif et joyeux un ou plusieurs hommes lui donnent de quelques balles une protection définitive

Ce mot

encore peut-être peut-on le trouver 

sur la feuille déchirée d’un très ancien dictionnaire 

en Ardèche à Vallon Pont d’Arc dans la grotte Chauvet

mais au sein de sa maman violée un enfant arraché étouffé par la pression de deux pieds 

sa main levée écarquillés ses yeux dans les yeux 

de sa maman encore en vie à cet instant mais sa bouche ne prononce pas ce mot 

dans l’obscurité profonde du ciel le tonnerre et les éclairs

ce mot illisible

Depuis longtemps expatrié du Bengale 

en bengali c’est ce mot que je cherche

Traduit du bengali par Marc Verhaverbeke et Amirul Arham

 

Version en roumain :

Amirul Arham, Căutând cuvântul

 

 

Tags : , ,

Réagissez